QA 04/03/26 au Ministre Coppieters : Exposition des élèves aux particules fines dans les classes : quelle politique de santé environnementale?
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Question (Nicolas Janssen). – Monsieur le Ministre, j’ai bien conscience du fait que ma question est transversale. Le projet Clean Air for Schools a démarré en 2020. Son objectif est d’accompagner les écoles pour améliorer la qualité de l’air dans les classes. Celle-ci affecte la santé respiratoire des élèves, mais aussi leur capacité de concentration et, par conséquent, leurs résultats scolaires.
Une étude a été menée dans 72 écoles. Elle portait sur trois paramètres : le CO2, les composants organiques volatiles et les particules fines. Concernant le CO2 et les composants organiques volatiles, les résultats montrent que nous respectons les normes recommandées par les différents organismes de santé. En revanche, nous dépassons les seuils prescrits par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et d’autres organismes en termes de particules fines, et ce, dans 85 % des écoles.
L’étude se conclut par deux recommandations. D’une part, il convient d’aérer les classes. C’est l’une des meilleures manières d’améliorer les indicateurs. D’autre part, pour réduire le taux de particules fines, il est conseillé d’installer des purificateurs d’air. Ces derniers permettent d’améliorer les résultats de 50 %. Monsieur le Ministre, quelle place est donnée à la qualité de l’air dans la stratégie de santé du gouvernement ? Quelles actions de prévention et de purification de l’air préconisez-vous ?
M. Yves Coppieters, ministre de la Santé, des Droits des femmes et de l’Égalité des chances. – Monsieur le Député, les effets à court et moyen termes de l’exposition des enfants aux particules fines sont réels : exacerbation de l’asthme, bronchites chroniques, problèmes immunitaires, troubles cognitifs et problèmes cardio-vasculaires. Le problème n’est évidemment pas propre aux écoles.
Les particules fines proviennent de la mobilité, des types de chauffage, de l’industrie et des produits utilisés dans l’agriculture. Il vaut mieux éviter d’ouvrir les fenêtres des classes au moment des embouteillages ou lorsque des pesticides sont pulvérisés sur le champ voisin de l’école.
Quoiqu’il en soit, il faut travailler sur la qualité de l’air intérieur. Cela passe par la mise en œuvre du Plan national d’action environnement et santé (NEHAP). Ce plan met surtout l’accent sur des actions visant à améliorer la qualité de l’air extérieur. Il propose, entre autres, une cartographie de la Région wallonne afin de protéger les publics les plus vulnérables.
Par ailleurs, le NEHAP met à disposition des fiches expliquant les manières d’améliorer la qualité de l’air intérieur. Ces fiches ne sont pas spécifiquement orientées vers les écoles. Elles sont destinées à tous les citoyens et attirent l’attention sur l’utilisation de matériaux adaptés, l’aération des pièces et la purification de l’air. En réalité, vous auriez dû adresser votre question à Mme Glatigny, qui est responsable de la qualité de l’environnement dans l’enseignement obligatoire. Cette dernière passe essentiellement par la purification de l’air intérieur. Il est important de mettre des plans comme le NEHAP en avant. Bien entendu, Mme Glatigny pourra s’appuyer sur ce plan.
Réplique de N. Janssen. – Monsieur le Ministre, ma question concernait évidemment plusieurs membres du gouvernement. Je vous remercie d’avoir apporté votre éclairage sur ce sujet réellement préoccupant.
Malheureusement, la Belgique est l’un des pays les plus exposés aux particules fines. Dès lors, la priorité est de mettre l’accent sur la coopération avec le gouvernement fédéral. Toute une série d’acteurs est concernée et les différentes entités de notre pays doivent coopérer au maximum afin de réduire l’exposition aux particules fines, notamment pour les jeunes.