QE 02/04/26 au Ministre Desquesnes : le règlement européen Alternative Fuels Infrastructure Regulation (AFIR)
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Question (Nicolas Janssen). – Le règlement européen « Alternative Fuels Infrastructure Regulation » (AFIR) impose, dès cette année, des jalons contraignants pour les bornes électriques, l’hydrogène et les parkings sécurisés, s’appliquant à la route, à la voie d’eau et à d’autres infrastructures.
Quel organe assure le suivi du respect d’AFIR en Wallonie, et qui porte cette question en concertation avec la Flandre, Bruxelles et, le cas échéant, auprès de la Commission européenne ? La Wallonie est-elle aujourd’hui en conformité avec les premières échéances d’AFIR, et le sera-t-elle à l’horizon 2030 ? Quels acteurs publics sont responsables de sa mise en œuvre, avec quelle répartition des rôles selon les obligations, et quelle part le secteur privé assume-t-il en termes d’exigences et de coûts ? Comment cette transition est elle financée par chacun des acteurs publics et privés ? Quels obstacles concrets (notamment pour la recharge électrique des véhicules lourds) freinent la mise en œuvre d’AFIR, et quelles mesures de suivi et correctrices M. le Ministre a-t-il engagées ?
M. François Desquesnes, Ministre du Territoire, des Infrastructures, de la Mobilité et des Pouvoirs locaux. – En Wallonie, le suivi du respect du règlement AFIR est assuré par le SPW MI qui coordonne les travaux relatifs aux carburants alternatifs. Il est en outre chargé de la coordination interfédérale, notamment avec la Flandre et Bruxelles.
Pour ce qui concerne la mise en œuvre, la SOFICO, sur les aires autoroutières, et le SPW MI, sur des parkings de covoiturage proches du RTE-T, portent conjointement la responsabilité d’atteindre les objectifs fixés par le règlement. Quant au SPW MI, il assure le suivi du respect de l’exigence AFIR relative à la puissance minimale de recharge disponible sur l’ensemble du territoire wallon.
Les objectifs fixés pour 2025-2030 par le règlement AFIR sont et seront globalement rencontrés. L’enjeu principal concerne les infrastructures destinées aux véhicules lourds, pour lesquelles les besoins en puissance de recharge sont trop élevés au regard des capacités disponibles. Dans cette perspective, la SOFICO a introduit des demandes ciblées auprès des GRD afin de garantir l’acheminement des puissances nécessaires vers les aires autoroutières.
Jusqu’à présent, le financement des bornes situées sur le réseau structurant géré par la SOFICO repose exclusivement sur des investissements privés de concessionnaires, sans contribution publique directe. Très prochainement, pour répondre aux exigences croissantes d’AFIR, la SOFICO soutiendra financièrement les travaux nécessaires au raccordement électrique et au renforcement de la puissance sur les aires autoroutières.
Quant aux freins identifiés pour la mise en œuvre complète d’AFIR, il s’agit de la capacité de puissance insuffisante, question qui relève des GRD et de la compétence de ma collègue en charge de l’énergie qui déploie des initiatives.
En ce qui concerne le volet hydrogène, le règlement AFIR prévoit pour 2030, l’obligation pour chaque État membre de disposer d’un réseau minimal de stations publiques. À ce stade, la Wallonie ne dispose pas encore d’une station hydrogène permettant de répondre pleinement aux spécifications AFIR. Toutefois, plusieurs projets sont en développement (port de Liège par ex.) et permettront d’atteindre la conformité à l’horizon fixé. Leur développement repose principalement sur des investissements privés avec un accompagnement régional et un suivi dans le cadre de la concertation interfédérale et reste conditionné par le déploiement d’une flotte de poids lourds utilisant ce type de carburant.