QE 07/09/2026 au Ministre Coppieters : Les leviers en faveur d’une alimentation plus riche en légumineuses
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Question (Nicolas Janssen). – Selon l’enquête nationale de consommation alimentaire 2022-23 de Sciensano, seuls 8 % des Wallons consomment des légumineuses au moins deux fois par semaine, contre 12 % en Flandre. Des disparités sociales et générationnelles sont également constatées : leur consommation est notamment plus faible chez les enfants, les personnes âgées et les personnes ayant un niveau d’instruction moins élevé.
Riches en fibres et en protéines, les légumineuses ont toute leur place dans une alimentation équilibrée. À cet égard, la restauration collective (cantines scolaires, administrations, hôpitaux, maisons de repos) peut constituer un levier important pour les faire découvrir et faire évoluer durablement les habitudes alimentaires.
Plusieurs pays européens ont récemment pris des mesures en ce sens. L’Espagne prévoit notamment une à deux portions hebdomadaires de légumineuses dans les écoles. En Pologne, un repas végétal à base de légumineuses devra être servi chaque semaine dans les établissements scolaires et préscolaires à partir de septembre 2026.
Quelle place entend accorder M. le Ministre à la promotion des légumineuses dans le futur plan d’action wallon pour un système alimentaire sain et durable et dans la feuille de route relative à la restauration collective ?
Des objectifs chiffrés de consommation ou de fréquence dans les menus seront-ils fixés ?
Dans le cadre de la feuille de route consacrée à la restauration collective, entend-il renforcer la place des légumineuses dans les critères recommandés pour les marchés publics alimentaires et dans l’accompagnement des collectivités et des équipes de cuisines, notamment par la formation des cuisiniers ?
Enfin, des campagnes de sensibilisation ciblées et des indicateurs de suivi sont-ils envisagés afin de stimuler et mesurer la consommation de légumineuses en Wallonie et les résultats des actions mises en œuvre ?
M. Yves Coppieters, ministre de la Santé, des Droits des femmes et de l’Égalité des chances. –
Les légumineuses, et plus généralement les protéines végétales, peuvent constituer une source de protéines importantes dans la transition vers une alimentation durable, notamment pour remplacer en partie les protéines animales. Cette alternative peut s’avérer bénéfique tant pour la santé que pour l’impact environnemental de l’alimentation.
Tel que l’honorable membre l’indique, la restauration collective est effectivement un levier d’action propice pour favoriser des choix alimentaires plus durables, et encourager le recours aux protéines végétales. À ce sujet, dans le cadre de la feuille de route restauration collective, je me suis engagé avec ma collègue Anne-Catherine Dalcq au sein du Gouvernement wallon le 28 mai 2026, à renforcer la dynamique du Green Deal «Cantines durables », qui vise à la labellisation des cantines.
Parmi les différents critères que comprend le label, figure l’intégration dans les repas de protéines d’origine végétale dans le menu hebdomadaire. Il s’agit d’un critère obligatoire quel que soit le niveau de labellisation, mais l’exigence se renforce de la manière suivante selon le niveau :
– pour le niveau 1, le plat doit contenir minimum une source de protéines végétales ;
– pour le niveau 2, l’offre végétarienne concernée devra associer au minimum deux sources de protéines végétales parmi: légumineuses, céréales (raffinées ou complètes), graines et oléagineux, mycoprotéines types quorn®, afin de garantir un repas végétarien complet et équilibré ;
– pour le niveau 3, l’offre végétarienne concernée devra associer au minimum deux sources de protéines végétales comprenant d’office les légumineuses.
Les légumineuses sont donc imposées au niveau 3.
Cette approche vise non seulement à accroître la place des protéines végétales dans la restauration collective, mais également à familiariser progressivement les convives avec une plus grande diversité de légumineuses et de productions locales. Le dispositif encourage par ailleurs l’accompagnement des équipes de cuisine afin de développer une offre végétarienne attractive, équilibrée et reposant autant que possible sur des préparations réalisées sur place.
Actuellement, 412 cantines wallonnes sont engagées dans le Label et 262 sont déjà labélisées. Cela représente plus de 6 635 000 repas durables servis à l’heure où nous parlons.
En pérennisant et améliorant le Green Deal « Cantines durables », j’entends bien accroître le nombre de cantines qui s’engage dans cette démarche et dans la labélisation, et ainsi faire en sorte qu’un nombre croissant de cantines accordent une importance grandissante à la place des protéines végétales, en ce compris les légumineuses, dans les repas.
Enfin, concernant sa question sur des campagnes de sensibilisation ciblées et des indicateurs de suivi visant à stimuler et mesurer la consommation de légumineuses en Wallonie et les résultats des actions mises en œuvre, il n’est pas prévu à ce stade de telles campagnes de sensibilisation qui peuvent par ailleurs être très couteuses. En revanche un suivi des actions menées dans les différentes feuilles de route du plan d’action pour une alimentation saine et durable est bien prévu, et notamment sur la feuille de route relative à la restauration collective.