QE 12/05/26 au Ministre Coppieters : le cadre de directives communes avec la Communauté française en matière de repas sains à l’école
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Question (Nicolas Janssen). – La question des repas sains proposés dans le cadre scolaire touche directement à des enjeux de santé publique, de prévention, de lutte contre les inégalités sociales et de promotion d’une alimentation de qualité.
La Déclaration de politique régionale, sous son titre « Plus de cohésion, moins de pauvreté », porte l’engagement « des Gouvernements wallon, bruxellois et de la Communauté française, en collaboration avec les acteurs, de porter une attention particulière aux enfants et aux jeunes » dans le cadre du développement « d’un plan de lutte contre la pauvreté », qui favorisera « les droits existants et l’accès dans les domaines du logement, de l’alimentation, de la santé, de la mobilité, etc. ».
La Déclaration de politique communautaire de la Communauté française prévoit pour sa part que « le Gouvernement développera en collaboration avec les Régions un cadre de directives clair afin que les repas proposés dans un cadre scolaire soient sains et de qualité. Il favorisera les circuits courts et les produits locaux ». Au regard de la dimension transversale du dossier, il apparaît donc essentiel que la Région puisse jouer pleinement son rôle, au regard également de l’attente importante des secteurs concernés quant à la mise en œuvre concrète de cette ambition ; plusieurs interlocuteurs souhaiteraient davantage de visibilité sur l’articulation entre les niveaux de pouvoir. M. le Ministre a d’ailleurs récemment rencontré des acteurs du secteur à ce sujet.
Dès lors, une concertation spécifique est-elle en cours entre la Région wallonne et la Communauté française afin de mettre en place ce cadre de directives ? Comment la Wallonie entend-elle contribuer, dans ses compétences, à la promotion et à l’accessibilité de repas sains et de qualité dans les écoles, notamment en lien avec les circuits courts et les produits locaux ?
Yves Coppieters, Ministre de la Santé, de l’Environnement, des Solidarités et de l’Économie sociale. – Comme l’honorable membre le sait, nous travaillons actuellement à l’élaboration d’une Feuille de route « Restauration collective », dans le prolongement de l’adoption par le Gouvernement wallon, en juillet 2025, de la note d’orientation « État des lieux et vision pour un système alimentaire wallon sain et durable ».
La Fédération Wallonie-Bruxelles dispose de leviers structurants liés au cadre scolaire, tandis que la Wallonie intervient, dans le périmètre de ses compétences, via l’appui à la transition de la restauration collective, l’accompagnement des acteurs et des dispositifs de soutien. L’enjeu est d’assurer une complémentarité et une cohérence d’ensemble, telles qu’attendues par les secteurs.
Afin de définir la feuille de route « Restauration collective », la Direction du Développement durable du SPW et l’AViQ ont mené de nombreuses consultations auprès d’autres administrations ainsi que différents acteurs de terrain et de l’accompagnement. En dehors du SPW, les administrations consultées au long de ce processus ont notamment été : la FWB, l’ONE et Sciensano.
Parmi les priorités pointées dans cette feuille de route, inscrite prochainement à l’ordre du jour du Gouvernement wallon, figure effectivement un objectif spécifique visant « à améliorer la cohérence et l’articulation des politiques publiques relatives au soutien à la transition de la restauration collective ». Les évaluations et consultations ont en effet clairement indiqué que la concertation entre les différents niveaux de pouvoir est primordiale et doit être améliorée afin d’optimiser l’efficacité et la complémentarité des actions.
Dans cette optique, il est notamment prévu de redynamiser le rôle du groupe de travail « alimentation » dans le cadre de l’Accord de coopération relatif à l’éducation à l’environnement, à la nature et au développement durable. Cet accord rassemble les différentes entités concernées, à savoir : la Région wallonne, la Fédération Wallonie-Bruxelles et la Région de Bruxelles Capitale.
Au-delà de ce nécessaire travail de cohérence entre entités, je suis particulièrement attentif à l’impact concret des repas sains proposés dans le cadre scolaire. C’est pourquoi la feuille de route en préparation prévoit la pérennisation des moyens alloués au Green Deal « Cantines durables », ainsi que l’adoption et la relance des dispositifs de soutien financier directs aux cantines concernées, les « Coups de pouce ». Il s’agit :
– du Coup de pouce « Dans l’assiette », visant à soutenir les cantines afin qu’elles privilégient les aliments circuits courts et bio, dans une démarche de progression continue ;
– du Coup de pouce « Équipement », permettant aux cantines d’acquérir ponctuellement de l’équipement facilitant la transition de leurs pratiques vers plus de durabilité ;
– du Coup de pouce « Goût&Bio », visant à inciter les cantines à proposer une fois par an un goûter convivial autour d’en cas sains, locaux et bio.
En 2024, 209 cantines ont bénéficié de ces soutiens, dont 175 écoles maternelles et primaires ainsi que 4 écoles secondaires. Plus généralement, le Green Deal « Cantines durables » touche aujourd’hui plus de 400 cantines. J’entends donc, avec la nouvelle feuille de route « Restauration collective », amplifier cette dynamique, en veillant à la bonne articulation entre les dispositifs et à une mise en œuvre la plus cohérente possible avec les partenaires concernés, dont la Fédération Wallonie Bruxelles, afin de maximiser l’impact sur le terrain.