QE 13/07/2026 au Ministre Coppieters : les étapes du plan stratégique wallon en matière de santé mentale
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Question (Nicolas Janssen). – M. le Ministre indiquait récemment que le Plan stratégique wallon en santé mentale était actuellement en cours d’élaboration. La santé mentale constitue un enjeu majeur de santé publique, et les attentes des acteurs de terrain sont importantes quant aux orientations qui seront retenues dans ce futur plan. Peut-il faire le point sur l’état d’avancement de ce plan ? A-t-il pu être finalisé ? Quelles en sont les principales étapes actuellement envisagées ?
Par ailleurs, la prévention du suicide, notamment chez les jeunes, constitue un enjeu particulièrement préoccupant sur lequel M. le Ministre a indiqué vouloir mettre l’accent. À cet égard, le futur Plan stratégique wallon en santé mentale comportera-t-il un volet spécifique consacré à la prévention du suicide ? Le cas échéant, quels en seront les objectifs, les actions prioritaires et les publics cibles ? Quels moyens budgétaires spécifiques seront consacrés à la prévention du suicide ?
Une réflexion est-elle menée concernant la mise en place ou le renforcement d’un numéro d’appel dédié aux personnes en détresse suicidaire, permettant une prise en charge accessible, rapide et efficace sur l’ensemble du territoire wallon ? Si oui, quelles sont les pistes actuellement à l’étude ? Dans le cadre de prévention, des campagnes de communication à large échelle sont-elles à l’ordre du jour ?
Enfin, des indicateurs d’évaluation seront-ils retenus afin de mesurer l’efficacité des actions mises en œuvre, tant en matière de santé mentale que de prévention du suicide ?
Yves Coppieters, Ministre de la Santé, de l’Environnement, des Solidarités et de l’Économie sociale. – La santé mentale constitue un enjeu majeur de santé publique. L’élaboration du Plan stratégique wallon en santé mentale se poursuit actuellement à travers six groupes de travail pilotés par l’AViQ, en étroite collaboration avec les acteurs du secteur, afin de coconstruire les orientations stratégiques et les actions opérationnelles qui structureront ce plan.
À ce stade, trois groupes de travail ont finalisé leurs travaux : le groupe consacré aux personnes âgées, le groupe consacré aux jeunes mené en collaboration avec la Fédération Wallonie-Bruxelles, le groupe dédié à l’offre et à l’accessibilité. Le groupe gouvernance est en cours de finalisation. Ces travaux ont permis de dégager des axes stratégiques, des objectifs et des propositions d’actions directement issues du terrain qui font l’objet actuellement d’une analyse au sein de l’AViQ et de mon cabinet.
Les axes assuétudes, pair-aidance et prévention du suicide sont, quant à eux, encore en cours de travail.
Un reporting complet a été présenté au comité de pilotage du 3 juillet 2026 afin de permettre la consolidation de l’ensemble des travaux et de déterminer les prochaines étapes du processus.
La prévention du suicide constitue, en particulier chez les jeunes, un enjeu majeur qui fait pleinement partie des réflexions menées dans le cadre du Plan stratégique wallon en santé mentale. Les travaux sont actuellement centrés sur l’analyse de la situation existante, l’identification des besoins, l’évaluation des dispositifs disponibles ainsi que la définition des priorités d’action les plus pertinentes et réalistes.
Dans ce cadre, des contacts sont pris avec l’association « Un pass dans l’impasse », acteur de référence en Wallonie dans le domaine de la prévention du suicide, afin de nourrir la réflexion stratégique et de disposer d’un état des lieux partagé des besoins et des pistes d’amélioration envisageables. Cette collaboration doit permettre d’identifier les leviers d’action les plus pertinents pour renforcer la prévention et l’accompagnement des personnes concernées.
Parallèlement, des échanges sont engagés avec des professeurs de l’Université catholique de Louvain spécialisés dans la prévention du suicide afin de bénéficier des apports les plus récents de la recherche scientifique. Ces travaux portent notamment sur les facteurs de risque et de protection, les parcours des personnes concernées, les mécanismes de prévention ayant déjà démontré leur efficacité à l’étranger.
Il serait dès lors prématuré, à ce stade, de détailler de manière exhaustive les objectifs opérationnels, les actions prioritaires ou les publics cibles qui seront retenus. Ceux-ci seront définis au terme des travaux en cours, sur la base des constats établis et des recommandations formulées par les acteurs de terrain et les experts associés à la démarche.
Concernant les moyens budgétaires consacrés à la prévention du suicide, l’enveloppe actuellement mobilisée repose principalement sur la convention conclue avec l’association « Un pass dans l’impasse », financée sur la base de 4 770 prestations annuelles au prix unitaire de 226,40 euros, soit un budget annuel de 1 079 932,26 euros. S’agissant des développements futurs, les réflexions relatives à d’éventuels moyens complémentaires seront conduites à l’issue des travaux actuellement menés, dans la réalité du contexte budgétaire actuel.
En ce qui concerne la prise en charge des personnes en détresse suicidaire, il convient de rappeler qu’un dispositif d’écoute est déjà accessible 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 via le numéro 107 mis en œuvre par les centres Télé-Accueil wallons. Ce service gratuit constitue aujourd’hui un maillon essentiel du dispositif d’aide et d’orientation des personnes en souffrance psychique. Les réflexions actuellement menées portent dès lors prioritairement sur l’analyse et le renforcement de l’accessibilité la plus efficace possible aux ressources d’aide disponibles plutôt que sur la création immédiate de nouveaux dispositifs.
Par ailleurs, l’AViQ finalise actuellement la refonte du site « Trouver du soutien », dont l’objectif est de rendre l’offre en santé mentale plus lisible et plus accessible pour les citoyens, leurs proches et les professionnels. Une attention particulière y est portée à l’information relative à la détresse psychologique et aux ressources d’aide existantes. Le lancement de cette nouvelle version sera accompagné d’une campagne de communication visant à renforcer la visibilité et la connaissance des dispositifs disponibles sur l’ensemble du territoire wallon.
Enfin, des indicateurs d’évaluation seront bien intégrés au Plan stratégique wallon en santé mentale. À cet effet, un groupe de travail spécifiquement consacré aux indicateurs et à l’évaluation est organisé. Les travaux de ce groupe ont toutefois vocation à s’appuyer sur la version consolidée du plan une fois l’ensemble des axes stratégiques, objectifs et actions définitivement élaborés. Ce n’est qu’à partir de ce cadre d’intervention stabilisé que pourront être construits les indicateurs les plus pertinents pour assurer le suivi de la mise en œuvre du plan ainsi que l’évaluation de ses effets. Les indicateurs retenus permettront ainsi d’apprécier tant le déploiement effectif des actions que leur impact sur les objectifs poursuivis. Cette démarche couvrira l’ensemble des dimensions du Plan stratégique wallon en santé mentale, y compris donc les actions qui seront développées en matière de prévention du suicide.