QE 18/03/26 à la Ministre Dalcq : la cartographie du réseau écologique wallon
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Question (Nicolas Janssen). – L’élaboration de la cartographie du réseau écologique wallon constitue un chantier structurant, engagé depuis 2021 dans le cadre de la Stratégie wallonne pour la biodiversité et appelé à jouer un rôle central dans plusieurs politiques publiques au cours des prochaines années.
Lors de la précédente législature, il avait été indiqué que les travaux scientifiques, confiés notamment à Gembloux Agro-Bio Tech et à l’ULiège, visaient à aboutir à une carte scientifique du réseau écologique, préalable à une phase de concertation avec les communes et les parties prenantes. Il était également prévu qu’un comité d’accompagnement puisse valider les résultats et les éventuels ajustements méthodologiques nécessaires.
Madame la Ministre indiquait récemment en commission avoir rencontré les différents intervenants du projet, ce qui a permis de constater l’état d’avancement des travaux. Mme la Ministre confirmait également que le livrable scientifique était parvenu à l’administration, ouvrant la voie aux prochaines étapes du processus.
Au-delà de sa portée scientifique, cette cartographie est attendue par les acteurs de terrain, dans la mesure où elle constitue un outil essentiel pour :
– la priorisation des sites à placer sous statut de protection stricte afin d’atteindre l’objectif gouvernemental de 5 % du territoire wallon protégé d’ici 2030 ;
– l’orientation des communes dans la révision de leurs Schémas de développement communal ;
– et l’information en amont des promoteurs et porteurs de projets quant aux enjeux biologiques présents sur les terrains concernés.
Dans un souci de continuité, Mme la Ministre pourrait-elle faire le point sur l’état d’avancement de ce dossier ? Le comité d’accompagnement annoncé fin décembre a-t-il pu se réunir ou est-elle prévue à brève échéance ? Les travaux scientifiques confiés à Gembloux Agro-Bio Tech sont-ils désormais finalisés ? Quelles sont les prochaines étapes envisagées ? Mme la Ministre entend-elle articuler la finalisation et la mise en œuvre de cet outil avec les trois objectifs prioritaires précités, au cours de la présente législature ?
Mme Anne-Catherine Dalcq, Ministre de l’Agriculture et de la Ruralité. – Concernant les questions de l’honorable membre relatives à l’état d’avancement des travaux de validation des livrables de la convention de recherche conclue avec l’ULiège sur le réseau écologique wallon, je me permets de le renvoyer aux réponses que j’ai récemment apportées à la question écrite n° 272 de Mme Céline Tellier portant sur cette même thématique.
S’agissant plus spécifiquement de l’articulation entre les différents livrables de cette convention et les objectifs politiques du Gouvernement (tels que la mise en œuvre du règlement sur la restauration de la nature ou l’atteinte de l’objectif des 5 % du territoire régional sous statut de protection forte), je souhaite rappeler un élément essentiel : ces livrables ne constituent pas une cartographie du réseau écologique au sens d’un outil pleinement opérationnel, tel que le précédent Gouvernement l’avait initialement annoncé.
En effet, au fil de l’avancement des travaux menés par l’équipe universitaire, plusieurs biais méthodologiques sont apparus, nécessitant des ajustements importants quant à la nature et à l’étendue des livrables envisageables.
En l’état, cette cartographie viendra compléter les données déjà disponibles dans le but d’assurer une meilleure prise en compte des enjeux liés aux habitats dans le cadre des politiques de conservation et de restauration de la nature.
Les travaux doivent encore être examinés par les administrations compétentes. Il s’agit notamment de vérifier la bonne compréhension des trames proposées et leur articulation avec les dispositifs existants, tels que Natura 2000 et les SGIB. Cette étape est menée en collaboration avec l’équipe universitaire.
Il est nécessaire d’avoir une exigence de clarté par rapport à ce travail. C’est précisément pour éviter toute interprétation erronée ou toute fragilité scientifique que nous avons pris le temps nécessaire pour améliorer le livrable. L’objectif n’est pas de produire rapidement une carte, mais de disposer d’un outil scientifique solide, utile aux politiques publiques et maîtrisé.