QE 28/01/26 à la Ministre Glatigny : Apprentissages liés aux enjeux environnementaux
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Question (Nicolas Janssen). – Alors que la COP30 remet l’éducation au climat au cœur de l’actualité, beaucoup d’écoles — comme l’Athénée Leonardo da Vinci à Cureghem ou le Collège Saint-Michel à Etterbeek — développent des initiatives ambitieuses en matière d’environnement. Parallèlement, les nouveaux référentiels du Pacte d’excellence et les formations en ERE-DD se déploient progressivement. Et de nombreux acteurs de terrain soulignent la nécessité d’un accompagnement renforcé, afin d’éviter que ces démarches ne reposent sur quelques enseignants particulièrement engagés.
En France, une enquête particulièrement intéressante vient d’être menée par Ecolhuma, une association portée « par les profs pour les profs », active en Belgique aussi via la plateforme « etreprof.be ». Cette enquête, menée entre le 11 juin et le 15 juillet 2025 auprès de 751 enseignants de la communauté ÊtrePROF et sur les réseaux sociaux, indique que « l’école française décroche de la transition écologique. Fatigue, manque de soutien, peur de politiser le sujet : les enseignants ne manquent pas de convictions, mais se sentent souvent seuls face au défi climatique. Le baromètre 2025 éclaire les mécanismes de cette lassitude et les conditions d’un renouveau. » L’analyse révèle aussi que « l’éducation au développement durable est souvent perçue comme “le défi en trop” face à d’autres urgences éducatives et sociales » et conclut que « si les signes de lassitude sont bien réels, les enseignants ne se détournent pas de l’écologie. Ils ont surtout besoin d’être mieux outillés pour agir. Quand l’éducation au développement durable est portée, valorisée et rendue concrète, ils s’en emparent. »
Madame la Ministre, donner à chacun des repères, des outils et un cadre collectif, c’est la condition pour que l’éducation au développement durable devienne une évidence à l’école.
Lors de la conférence que j’organisais sur ce sujet le 7 juillet dernier et à laquelle vous assistiez, Christophe Dubois du Réseau Idée insistait notamment sur l’importance d’un continuum, une connexion des apprentissages au fil des années, de la maternelle jusqu’aux secondaires.
Comment envisagez-vous de poursuivre l’accompagnement des écoles et de leurs équipes éducatives pour intégrer pleinement l’éducation à l’environnement, un des grands enjeux de ce 21è siècle, dans les pratiques quotidiennes ? Disposez-vous de données chiffrées sur le nombre d’écoles de la Fédération Wallonie-Bruxelles engagées dans une forme de l’ERE-DD? Combien d’enseignants expriment une attitude positive envers cet enseignement ? Envisagez-vous de conduire une enquête similaire à celle menée par Ecolhuma, afin de disposer de données objectives sur l’ERE-DD en Fédération Wallonie-Bruxelles ?
Mme Valérie Glatigny, première vice-présidente et ministre de l’Éducation et de l’Enseignement de promotion sociale. – En Fédération Wallonie-Bruxelles, les apprentissages liés aux enjeux environnementaux sont aujourd’hui pleinement intégrés de manière transversale dans les Référentiels du tronc commun — notamment en sciences, en formation historique, géographique, économique et sociale (FHGES), en formation manuelle, technique, technologique et numérique (FMTTN) ainsi que dans le Référentiel des compétences initiales.
Afin de soutenir concrètement les équipes éducatives, une brochure thématique identifiant les portes d’entrée de l’éducation relative à l’environnement et au développement durable (ErE-DD) dans ces référentiels a été élaborée par mes Services dans le cadre de l’Accord de coopération en la matière. Adoptée par le Gouvernement l’an dernier, elle est désormais accessible à l’ensemble des enseignants via enseignement.be et la plateforme e-classe.
Par ailleurs, le Réseau IDée – partenaire de cet Accord de coopération – a développé un outil pédagogique intitulé ErE-DD & référentiels scolaires. Cet outil propose une progression structurée sous forme de continuums couvrant sept grandes thématiques (alimentation, climat, déchets, eau, énergie, nature et biodiversité), afin d’assurer une cohérence des apprentissages de l’enseignement maternel au secondaire.
Avec mon Administration, nous veillerons par ailleurs à assurer la continuité des apprentissages en matière de transition socio-écologique au-delà du parcours commun, en précisant les compétences attendues dans les référentiels correspondants.
Sur le plan de la formation continue, je rappelle que le Conseil de la Formation Professionnelle continue (CoFoPro) a retenu parmi ses orientations prioritaires celle intitulée “Contribuer à la transition socio-écologique”. L’Institut interréseaux de la Formation Professionnelle Continue (IFPC) et les instituts de formation des réseaux d’enseignement proposent ainsi des modules dédiés à ces enjeux, incluant notamment l’“école du dehors” et la mobilisation des équipes pédagogiques.
Les enseignants disposent également de ressources structurées via la plateforme e-classe, où un dossier spécifique rassemble les outils pédagogiques consacrés à la transition socio-écologique. Une convention de partenariat lie à cet égard e-classe, Bruxelles Environnement, le SPWARNE (Service Public wallon Agriculture, Ressources naturelles et Environnement) et le Réseau IDée afin d’assurer un enrichissement constant de ces ressources.
Parallèlement, la page ErE-DD sur enseignement.be centralise les informations relatives aux accompagnements, labellisations et appels à projets proposés par la Wallonie et Bruxelles.
De même, le Plan transversal de transition écologique (PTTE) en cours d’élaboration ainsi que le Plan d’action 2026-2028 de l’Accord de coopération en ErE-DD constituent également des leviers importants pour renforcer cet accompagnement institutionnel et pédagogique.
En ce qui concerne enfin les données chiffrées, celles-ci ne sont actuellement pas disponibles à l’échelle du système. L’objectif poursuivi par mon Administration et le PTTE est toutefois de consolider progressivement les indicateurs relatifs à la mise en œuvre de l’ErE-DD dans les écoles.