QE 29/02/26 à la Ministre Glatigny : L’aménagement des cours de récréation en Fédération Wallonie-Bruxelles
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Question (Nicolas Janssen). – Dans le cadre de la lutte contre le harcèlement et de l’amélioration du climat dans les établissements scolaires, la Fédération Wallonie-Bruxelles, via notamment l’Observatoire du climat scolaire, met à disposition une série d’outils et de recommandations, parmi lesquels figurent l’aménagement des cours de récréation en zones distinctes.
Ces dispositifs sont aujourd’hui largement présentés comme des leviers favorisant le bien-être des élèves et la prévention des conflits. Ils impliquent toutefois, pour les écoles et les pouvoirs organisateurs, des investissements matériels et organisationnels parfois importants.
Une étude commandée par la Fédération Wallonie-Bruxelles entre 2015 et 2017 avait évalué l’impact de ces aménagements et conclu à des effets très limités en matière de réduction du harcèlement, et parfois même à une augmentation de certains incidents. En outre, certains outils qualifiés de « nouveaux », avaient déjà été évalués et remis en question il y a près de dix ans.
Madame la Ministre, la Fédération Wallonie-Bruxelles a-t-elle octroyé des subsides pour soutenir l’aménagements de cours de récréation ? Dans l’affirmative, pouvez-vous préciser les montants engagés et le nombre d’écoles concernées ?
Disposez-vous d’une estimation du nombre d’écoles qui ont mis en place ce type d’aménagements dans le cadre de leur politique de climat scolaire ou de lutte contre le harcèlement ?
Par ailleurs, l’étude commandée par la FWB a-t-elle été prise en compte dans l’élaboration et la mise à jour des outils et recommandations de l’Observatoire du climat scolaire ? Si oui, de quelle manière ses résultats ont-ils été intégrés dans la sélection et la présentation des outils proposés ? Existe-t-il d’autres études scientifiques portant sur l’aménagement des cours de récréation ?
Enfin, dans le contexte budgétaire que nous connaissons, comment justifier la promotion de ce type d’outils alors qu’ils représentent un coût important pour les écoles et montrent des résultats apparemment assez mitigés ?
Mme Valérie Glatigny, première vice-présidente et ministre de l’Éducation et de l’Enseignement de promotion sociale. – Au cours de la législature actuelle, la Fédération Wallonie-Bruxelles n’a octroyé aucun subside visant spécifiquement l’aménagement des cours de récréation dans le cadre des politiques de climat scolaire ou de prévention du harcèlement.
Il n’existe par ailleurs aucune donnée permettant d’identifier le nombre d’écoles ayant procédé à un aménagement de leur cour de récréation. Dans le cadre du programme-cadre relatif au climat scolaire, les écoles disposent en effet d’une marge d’autonomie pour choisir, parmi plusieurs actions possibles, les mesures visant la régulation de certains espaces de vie collective. Ces mesures peuvent concerner différents espaces communs, sans que le monitoring ne permette d’identifier précisément ceux qui sont concernés. Il n’est dès lors pas possible d’isoler les éventuelles initiatives portant spécifiquement sur les cours de récréation.
S’agissant des travaux de recherche évoqués, l’étude commandée par la Fédération Wallonie-Bruxelles entre 2015 et 2017 s’inscrivait dans une démarche d’analyse globale des facteurs influençant le climat scolaire. Ses résultats ont alimenté les réflexions menées lors de la législature précédente, notamment dans le cadre de l’élaboration du programme-cadre qui repose sur une approche multifactorielle du climat scolaire et laisse aux équipes éducatives le choix des actions à mettre en œuvre en fonction de leur contexte. À ce stade, la Fédération Wallonie-Bruxelles ne dispose pas d’autres études scientifiques spécifiques portant sur l’impact de l’aménagement des cours de récréation en tant que tel, en particulier au regard de la lutte contre le harcèlement.
Il convient en outre de rappeler que l’Observatoire du Climat scolaire (OCS) n’a jamais présenté l’aménagement des cours de récréation comme un dispositif de lutte contre le harcèlement. Les ressources mises à disposition dans sa boîte à outils ont une vocation exclusivement informative et visent à soutenir la réflexion des équipes éducatives sur l’ensemble des espaces de vie scolaire, sans prescrire de solutions opérationnelles ni impliquer d’investissements spécifiques.
Dans ce cadre, aucune promotion particulière de ce type de dispositif n’est actuellement menée par la Fédération Wallonie-Bruxelles. L’action publique se concentre sur l’accompagnement des écoles et sur le renforcement de démarches adaptées à leur réalité de terrain, dans le respect de leur autonomie.