QE 29/12/25 à la Ministre Dalcq : les risques sanitaires liés à l’élevage intensif de volailles
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Question (Nicolas Janssen). – L’Europe connaît actuellement une nouvelle vague d’influenza aviaire hautement pathogène H5N1. En France, les autorités ont relevé en octobre 2025 le niveau de risque de « modéré » à « élevé », après la découverte de nouveaux foyers dans des élevages de volailles et la découverte de nouveaux cas de grippe aviaire sur des oiseaux sauvages, en particulier des grues cendrées, avec des milliers de cadavres retrouvés sur leurs sites d’hivernage. Ces épisodes répétés de grippe aviaire depuis plusieurs années interrogent l’impact des élevages intensifs sur la santé animale, la santé humaine et l’environnement.
Quelle est aujourd’hui l’évaluation du risque sanitaire de Mme la Ministre, en Wallonie, lié à l’influenza aviaire hautement pathogène, tant pour la santé publique que pour le secteur avicole ? Mme la Ministre dispose-t-elle de données récentes sur les cas détectés depuis le début de la saison épidémique au mois d’août ? Quelles mesures de prévention et de surveillance relevant de ses compétences sont actuellement en place pour limiter l’émergence et la propagation de la grippe aviaire en Wallonie ? Travaille-t-elle avec ses collègues du Gouvernement à la réduction des risques sanitaires et environnementaux liés aux élevages intensifs de volailles, notamment via la promotion de modèles d’élevage plus durables ?
Mme Anne-Catherine Dalcq, Ministre de l’Agriculture et de la Ruralité. –En Wallonie, 4 foyers ont été détectés au mois d’octobre 2025. Depuis le 23 octobre 2025, le confinement des oiseaux est obligatoire pour les élevages commerciaux et enregistrés dans Sanitel, accompagné d’un renforcement des mesures de biosécurité.
La surveillance de l’avifaune en Wallonie repose sur deux volets : une surveillance passive, basée sur le dépistage du virus sur des carcasses d’oiseaux retrouvés morts, et une surveillance active, par prélèvements sur des oiseaux capturés pour le baguage. La prévalence apparente cet automne sur les oiseaux trouvés morts est de 27 % (95/354), et toutes les provinces wallonnes sont touchées. Deux événements provenaient de la surveillance active sur des anatidés asymptomatiques avec un portage viral faible. À ce jour, aucune restriction n’est appliquée à la chasse.
La forte circulation du virus dans les populations d’oiseaux accroît le risque d’exposition humaine à des animaux infectés. Pour renforcer la sensibilisation au risque et à l’importance des mesures préventives, le SPWARNE a publié plusieurs actualités sur son portail Biodiversité, invitant les citoyens à la prudence : ne pas toucher les oiseaux morts, tenir les chiens en laisse et contacter le Département de la Nature et des Forêts. Lorsque des cas sont identifiés dans des lieux publics fréquentés, des affiches sont également placées pour avertir la population.
La transmission du virus à l’homme reste rare, mais doit être détectée rapidement pour permettre le suivi des personnes contacts et la mise en œuvre de mesures de santé publique en cas de suspicion de transmission interhumaine. Des échanges réguliers entre le SPW ARNE, l’AViQ et l’AFSCA permettent de signaler toute information sanitaire concernant la faune sauvage présentant un risque pour la santé publique et animale. Tout cas de grippe aviaire hautement pathogène détecté chez les oiseaux sauvages est directement notifié par le laboratoire national Sciensano à l’AFSCA, qui informe la Commission européenne. Une approche One Health, intégrant santé animale, humaine et environnementale, est ainsi mise en œuvre pour gérer cette épizootie en Wallonie.
Enfin, je tiens à préciser que la concentration des élevages avicoles professionnels est faible en Wallonie. D’ailleurs, les aides à l’investissement en agriculture sont prévues pour les productions avicoles différenciées et les élevages de volailles en production biologique.