QE 30/03/26 à la Ministre Dalcq : la continuité des compétences du programme Aires protégées
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Question (Nicolas Janssen). – Le programme wallon dit des Aires protégées, financé par l’Union européenne dans le cadre du Plan national pour la reprise et la résilience (PNRR- fiche 97), arrivera à son terme en août 2026. Ce programme, mené en partenariat avec neuf associations de conservation de la nature, a permis de renforcer le réseau des réserves naturelles en Wallonie et développer une expertise reconnue soutenue par des financements européens.
Par ailleurs, la Wallonie prépare la mise en œuvre du Règlement européen sur la restauration de la nature (RRN), adopté le 24 juin 2024 et inscrit dans la DPR. Si le plan belge devait être transmis à la Commission européenne début 2026, les actions de restauration sur le terrain ne devraient pas débuter avant 2027.
Dans ce contexte, et afin d’assurer une transition fluide et cohérente entre ces deux dispositifs, je souhaiterais connaître les réflexions en cours au sein du Gouvernement concernant le maintien et la valorisation des compétences développées dans le cadre du programme Aires protégées.
Une estimation du nombre d’emplois concernés et des moyens budgétaires associés a-t-elle été réalisée ? Quelles pistes sont envisagées pour accompagner cette période de transition et préserver les compétences clés utiles à la future mise en œuvre du RRN ? Des échanges ont-ils été engagés avec les associations partenaires afin d’identifier les besoins prioritaires et assurer la continuité de l’expertise acquise ?
Mme Anne-Catherine Dalcq, Ministre de l’Agriculture et de la Ruralité. – Le projet 97 du Plan national pour la reprise et la résilience (PNRR) et le Règlement européen sur la restauration de la nature (RRN) sont deux dispositifs bien distincts. Bien qu’ils présentent certains points de convergence (notamment l’action du projet 97 qui concerne la restauration d’aires protégées), il n’est pas nécessairement pertinent d’établir un lien direct entre ces deux programmes.
Le RRN n’impose pas aux États membres d’augmenter la superficie des aires protégées. Il fixe plutôt des objectifs chiffrés relatifs à des indicateurs de biodiversité et oblige les États membres à mettre en œuvre des mesures de restauration de la nature sur une proportion déterminée des habitats d’intérêt communautaire.
Dans ce cadre, les aires protégées sont considérées comme l’un des leviers possibles pour contribuer à l’atteinte des objectifs du RRN. Les équipes de l’administration chargées des aires protégées participent ainsi aux travaux visant à élaborer la contribution wallonne au plan de restauration.
Afin d’élargir le cercle d’acteurs mobilisés et de garantir la continuité de l’expertise relative aux aires protégées, certaines associations partenaires de la fiche 97 du PNRR seront également invitées à participer à l’élaboration du plan de restauration. Il convient toutefois de souligner que tant les agents de l’administration que les partenaires externes contribuent à la réflexion de manière bien plus large que par leur seule expertise en matière d’aires protégées.
En ce qui concerne le maintien des compétences au sein des associations subventionnées dans le cadre du projet 97 du Plan national de relance et de résilience, il est important de rappeler qu’une large majorité des budgets étaient dédiés aux acquisitions, restaurations et valorisations des parcelles. Il faut également souligner que le caractère temporaire de ces subventions (comme pour l’ensemble des projets du plan de relance) était un prérequis du PRW et connu de l’ensemble des bénéficiaires. Je rappellerai également que les associations agréées disposaient déjà des compétences en la matière et que celles-ci ne s’éteindront pas avec la clôture prochaine du projet.