QO 02/02/26 à la Ministre Dalcq : les cas de grippe aviaire détectés à Grez-Doiceau
-
Question (Nicolas Janssen). – La presse a récemment fait état la fermeture préventive de l’étang de Pécrot, à Grez-Doiceau, après la découverte, en l’espace de deux jours, de 31 bernaches et un cygne retrouvés morts.
Alerté immédiatement par les autorités communales, le Département de la Nature et des Forêts (DNF) s’est rendu sur place et le 20 janvier, Sciensano confirmait qu’il s’agissait bien d’un cas de grippe aviaire
Cette situation, bien que prise en charge rapidement par les services compétents, suscite des inquiétudes légitimes parmi les riverains, les promeneurs, les gestionnaires d’espaces naturels, ainsi que chez les détenteurs de volailles et les agriculteurs.
Pourriez-vous nous préciser quelles mesures concrètes notre Région a mises en œuvre pour limiter la propagation du virus au sein de la faune sauvage et de protéger les écosystèmes locaux ? Comment les détenteurs de volailles et les agriculteurs sont-ils informés et accompagnés ? Quelles actions spécifiques sont prévues pour soutenir les communes et informer les citoyens ?
Enfin, cet épisode s’inscrit-il dans une tendance plus large observée en Wallonie et appelle-t-il à un renforcement de la surveillance sanitaire de la faune sauvage dans une approche intégrée de protection de la biodiversité et de l’agriculture ?
Mme Anne-Catherine Dalcq, Ministre de l’Agriculture et de la Ruralité. – Le 20 janvier 2026, un foyer de grippe aviaire hautement pathogène a été confirmé chez des oiseaux sauvages dans l’étang de Pécrot, sur la commune de Grez-Doiceau. Ce site, qui accueille chaque hiver de nombreuses espèces, favorise la circulation du virus régulièrement détecté en Wallonie et en Belgique depuis octobre 2025.
Dès la suspicion, puis la confirmation du foyer, les autorités locales et régionales ont réagi rapidement. L’accès à l’étang a été temporairement fermé et des recommandations ont été adressées à la population pour le signalement des carcasses. Le Département de la nature et des forêts prélève les échantillons nécessaires aux analyses, tandis que la commune assure l’évacuation des carcasses restantes afin de limiter la propagation du virus et les risques de contamination des élevages.
En février 2024, le Service public de Wallonie avait rappelé les mesures de précaution à toutes les communes via l’Union des villes et communes de Wallonie. Pour actualiser ces recommandations, un nouveau courrier a été diffusé le 28 janvier 2026 via l’outil Nemo. Le portail Biodiversité propose également des informations pratiques et un outil de signalement en ligne. Les signalements peuvent également être effectués auprès du service SOS Environnement, via le 1718 pour les francophones et le 1719 pour les germanophones.
Une coordination étroite est en place entre Sciensano, I’AFSCA et les services régionaux, chacun avec des missions clairement définies : Sciensano confirme les cas et suit l’évolution scientifique ; I’AFSCA surveille les élevages et applique les règles fédérales et européennes ; la Région wallonne, via le Département de la nature et des forêts, assure la surveillance de la faune sauvage, les actions de terrain et les contacts avec les communes.
Dans le cadre du foyer de Grez-Doiceau, I’AViQ, les centres CREAVES d’Ottignies et de Perwez ainsi que la Région flamande ont également été informés.
Depuis l’automne 2025, face à l’évolution de la grippe aviaire, I’AFSCA a diffusé des consignes spécifiques aux éleveurs de volailles et d’oiseaux, applicables aux professionnels comme aux particuliers. À ce stade, le foyer de Grez-Doiceau concerne uniquement la faune sauvage et n’a entraîné aucune restriction spécifique pour l’élevage ou le commerce de volaille.
Les mesures mises en place permettent de limiter efficacement la dispersion du virus et de réduire au maximum le risque de propagation vers les volailles d’élevage ainsi que le risque de zoonose. Vu les dispositifs déployés, la transmission du virus à l’homme – déjà très peu probable sans contact direct et prolongé avec des animaux infectés – est considérée comme infime dans le contexte actuel.
Si la situation demeure préoccupante, elle illustre l’efficacité des mécanismes de surveillance, d’alerte et de coordination, et confirme que la situation est suivie de près.
Réplique de N. Janssen. – Merci, Madame la Ministre, d’avoir rappelé les différentes étapes de la procédure ainsi que les rôles et les responsabilités de l’ensemble des acteurs concernés. Plus globalement, merci pour ces éléments qui sont à la fois clairs et rassurants quant à la gestion de la situation par les services compétents. Il est important de maintenir une vigilance constante et une coordination étroite entre l’ensemble des acteurs concernés.