QO 07/09/2026 à la Ministre Glatigny : Promotion et soutien de l’esprit d’entreprendre dans les écoles
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Question (Nicolas Janssen). – Depuis l’entrée en vigueur des référentiels du tronc commun, la créativité, l’engagement et l’esprit d’entreprendre constituent l’un des domaines transversaux de la formation de nos élèves. Ses visées d’apprentissage sont intégrées dans chaque référentiel disciplinaire, de la première année maternelle à la troisième année secondaire. Dans les classes, cependant, la réalité est plus contrastée.
Le 14 novembre 2022, Mme Stéphanie Cortisse a interrogé votre prédécesseure sur cette thématique. La ministre Désir avait alors indiqué qu’il lui paraissait opportun de lancer des travaux en vue de l’élaboration d’un document thématique consacré à l’esprit d’entreprendre, sur la base de l’article 1.4.4-7 du Code de l’enseignement fondamental et de l’enseignement secondaire. Ce document devait rassembler les outils et ressources pédagogiques disponibles ainsi qu’un cadastre des opérateurs actifs en la matière.
Près de quatre ans plus tard, ce document n’a pas été publié. Les équipes éducatives qui souhaitent se saisir de ce domaine transversal doivent donc naviguer seules entre des opérateurs nombreux, mais dispersés – Les Jeunes Entreprises, Step2You, Story-me, les dispositifs régionaux –, sans cadre de référence commun.
Une anomalie subsiste par ailleurs dans nos instruments de pilotage. L’article 1.5.2-3, § 2, du Code énumère les thématiques parmi lesquelles les écoles choisissent les actions nouvelles à mettre en œuvre prioritairement dans leur plan de pilotage. L’orientation y figure, mais l’esprit d’entreprendre n’y figure pas, alors que les deux ont été intégrés aux référentiels. Les écoles qui voudraient inscrire cette dimension dans leur contrat d’objectifs n’en ont donc pas le vecteur naturel.
C’est dommage, car comme le soulignait Frédéric Panier, le CEO d’AKT, «une des clés du redressement wallon est de booster l’esprit d’entreprendre sous toutes ses formes, et cela commence dès l’école.» Sur le critère du pilotage stratégique, force est de constater que nous restons en retrait de la dynamique européenne, comme le relève le rapport européen «Entrepreneurship Education at School in Europe», publié en 2025.
Madame la Ministre, les travaux ont-ils été entamés pour concrétiser le document thématique annoncé par votre prédécesseure et, le cas échéant, où en sont-ils? Si le projet a été abandonné, quelles en sont les raisons? Un cadastre des opérateurs actifs en matière d’éducation à l’esprit d’entreprendre existe-t-il aujourd’hui au sein de l’administration? Est-il accessible aux directions et aux équipes éducatives?
L’esprit d’entreprendre pourrait-il être intégré aux thématiques énumérées à l’article 1.5.2-3, § 2, du Code, afin de permettre aux écoles de l’inscrire parmi les actions prioritaires de leur plan de pilotage? Quelle est l’offre de formation en cours de carrière actuellement disponible sur cette thématique? Combien d’enseignants touche-t-elle annuellement?
Mme Valérie Glatigny, première vice-présidente du gouvernement et ministre de l’Éducation et de l’Enseignement pour adultes. – Cette question me permet de rappeler l’importance que j’accorde, tout comme vous, à l’esprit d’entreprendre dans l’enseignement. Plus largement, il s’agit d’encourager chez nos jeunes la créativité, le sens de l’initiative, l’autonomie et la capacité à transformer des idées en projets concrets. Nous sommes bien d’accord avec l’analyse qui a été faite par Frédéric Panier, d’AKT.
L’engagement et l’esprit d’entreprendre constituent un domaine d’apprentissage à part entière, qui doit être présent de manière transversale dans tout le parcours des élèves.
Le projet de document thématique annoncé par ma prédécesseure n’a pas été abandonné. Je ne manquerai pas de suivre les avancées et je m’assurerai qu’une nouvelle impulsion soit donnée à ce dossier pour qu’il puisse être concrétisé durant l’année scolaire 2026-2027.
Mais, au-delà de ce document, plusieurs initiatives pour stimuler l’esprit d’entreprendre se sont déjà concrétisées. Je pense notamment au projet-pilote visant à renforcer les partenariats entre les écoles, les entreprises et les opérateurs régionaux de formation et de l’emploi. C’est un projet qui associe différents partenaires et vise notamment à renforcer les liens entre l’école et son environnement socio-économique, à permettre aux élèves de mieux appréhender les réalités du monde professionnel et à soutenir le développement de partenariats durables entre les écoles et les acteurs économiques locaux.
S’agissant du pilotage des écoles, la situation a évolué depuis l’adoption du décret du 25 juin 2026 portant sur la simplification administrative en matière d’enseignement puisque l’ancien système fondé sur une liste de thématiques prioritaires a été revu pour permettre aux écoles de définir plus librement leurs objectifs spécifiques et les actions qu’elles souhaitent mettre en œuvre à partir de leur propre diagnostic.
Dès lors, la question de savoir si l’esprit d’entreprendre doit être ajouté à une liste fermée de thématiques ne se pose plus dans les mêmes termes.
Je rappelle également que nous avons renforcé l’approche éducative de l’orientation dans le parcours des élèves. Avec l’introduction du tronc commun en première année d’enseignement secondaire, certaines activités orientantes doivent être proposées durant les jours blancs. L’idée est de prévoir également cette activité orientante en deuxième année secondaire et de proposer un stage, par exemple en entreprise, en troisième secondaire.
La découverte des métiers, la rencontre avec le monde professionnel et la capacité de construire progressivement un projet personnel constituent des leviers importants pour développer l’esprit d’initiative et d’entreprendre.
Plus largement, plusieurs acteurs du monde de l’entreprise seront désormais associés au comité d’avis, notamment lorsqu’il s’agit d’évoquer la réforme systémique de l’enseignement qualifiant ou les activités d’orientation. Je mentionnerai Les Jeunes Entrepreneurs ou AKT.
L’esprit d’entreprendre est intégré dans les travaux que nous menons dans le cadre de la réforme systémique de l’enseignement qualifiant. Nous travaillons au renforcement du lien entre l’école et l’entreprise, au développement de l’alternance, à l’amélioration de l’orientation et à une meilleure connaissance des réalités professionnelles par les jeunes.
C’est un chantier auquel nous nous sommes attelés avec les ministres régionaux, MM. Jeholet et Hublet. Ces chantiers contribuent à développer l’initiative, l’autonomie, la capacité d’entreprendre. Ce sont des compétences requises dans tous les parcours professionnels, qu’ils soient de formation ou d’insertion.
L’offre de formation continue proposée aux enseignants existe déjà. Elle est principalement portée par des opérateurs, comme la Fondation pour l’enseignement, notamment dans le cadre des formations proposées par l’IFPC. Ces formations abordent la pédagogie entrepreneuriale comme thématique centrale ou transversale, à travers des enjeux comme la créativité, l’engagement, la conduite de projets ou les liens avec le monde socio-économique.
Au cours des dernières années, plusieurs dizaines de sessions ont été programmées et elles ont permis de toucher plusieurs centaines d’enseignants. Je peux fournir le détail du nombre de sessions, de personnes inscrites ou de participants par année scolaire en réponse à une question écrite.
L’esprit d’entreprendre n’est pas une thématique accessoire. Il est inscrit dans nos programmes, porté par des partenaires de terrain, important pour les réformes que nous menons en matière d’orientation, d’enseignement qualifiant et de rapprochement entre l’école et le monde professionnel.
Réplique de N. Janssen. – Madame la Ministre, je vous remercie d’avoir souligné l’importance de dimension telles que la créativité, l’autonomie et l’esprit d’entreprendre. À vous entendre, je comprends bien que cet esprit a toute sa place dans le parcours solaire et que les initiatives concrètes sont de plus en plus nombreuses.
Je vous remercie aussi d’avoir rappelé le rôle de certains projets pilotes qui permettent de rapprocher les écoles de toute une série d’acteurs grâce, par exemple, aux partenariats que vous avez évoqués et au lien avec les activités orientantes, à la découverte des métiers, à l’alternance et aux collaborations avec nos Régions.