QO 09/02/26 à la Ministre Glatigny : Protection des données personnelles des élèves en Fédération Wallonie-Bruxelles
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Question (Nicolas Janssen). – La presse a récemment fait état d’une cyberattaque ayant visé une école anversoise, au cours de laquelle les données de certains élèves ont été dérobées par des pirates informatiques. Ces derniers auraient ensuite tenté de réclamer une rançon aux parents des élèves concernés, en les menaçant de vendre ou de divulguer les données volées. Le parquet d’Anvers a ouvert une enquête, mais cet incident grave soulève des questions sur la protection des données personnelles au sein des écoles de la Fédération Wallonie-Bruxelles, qui ne sont pas à l’abri de cyberattaques.
Madame la Ministre, quelles sont les mesures de cybersécurité actuellement en vigueur dans les établissements scolaires de la Fédération Wallonie-Bruxelles ? Existe-t-il des protocoles spécifiques de prévention et de détection des cyberattaques, notamment en cas de fuite ou de vol de données personnelles ? Les directions bénéficient-elles de formations à la cybersécurité et au respect du règlement général sur la protection des données (RGPD) ? Enfin, en cas de cyberattaque, quelles sont les procédures de signalement prévues et les services chargés d’accompagner les écoles concernées ?
Mme Valérie Glatigny, première vice-présidente et ministre de l’Éducation et de l’Enseignement de promotion sociale. – Monsieur le Député, l’incident survenu récemment à Anvers nous rappelle que les établissements scolaires sont exposés aux risques liés à la cybercriminalité au même titre que l’ensemble de la société. Il est donc légitime de s’interroger sur le cadre existant en Fédération Wallonie-Bruxelles.
Je vous rappelle que la Fédération Wallonie-Bruxelles ne peut ni imposer des mesures techniques aux établissements ni contrôler leurs infrastructures informatiques. Les écoles disposent d’une autonomie organisationnelle et demeurent pleinement responsables de leurs réseaux, de leurs outils et de la protection des données qu’elles traitent. La Fédération Wallonie-Bruxelles ne possède pas de dispositif de détection directe des cyberattaques dans les écoles.
Cela étant dit, la Fédération Wallonie-Bruxelles agit activement sur les leviers relevant de ses compétences, comme l’accompagnement, la prévention, la formation et la sensibilisation. À cet égard, le Service général du numérique éducatif (SGNE) joue un rôle capital. Il élabore et diffuse des ressources sur l’éducation au et par le numérique. Ces ressources sont destinées aux élèves et aux professionnels de l’éducation, avec pour objectif de renforcer la littératie numérique et la culture de la sécurité numérique dans les établissements.
Concrètement, un cadre minimal de références en matière de sécurité des écosystèmes numériques scolaires a été développé au travers de plusieurs guides pratiques disponibles sur www.enseignement.be et sur la plateforme numérique e-classe. Ces guides sont intitulés « Comprendre et appliquer le RGPD en classe », « Choisir et adapter l’écosystème numérique de son école » ou encore « La cybersécurité pour les écoles ». Ce dernier guide a été élaboré avec l’appui de l’Entreprise publique des technologies nouvelles de l’information et de la communication (ETNIC) et du Centre pour la cybersécurité Belgique (CCB). Il contient des recommandations très concrètes en termes de sécurisation des postes et des documents, de stockages des données, de réseaux wifi, de communications, mais aussi de gestion des incidents et de premières réactions en cas d’attaque.
Par ailleurs, les directions et les personnels administratifs bénéficient d’un accompagnement spécifique. Le SGNE organise chaque année des ateliers d’information administrative, dont un atelier entièrement consacré au RGPD et à la sécurité des données. Ces formations abordent les obligations légales des établissements scolaires, les documents à prévoir, les procédures à suivre en cas de violation des données, notamment la documentation de l’incident et la notification à l’autorité de contrôle, ainsi que les mesures techniques et organisationnelles préventives. Ces ateliers ont un réel succès et répondent à une demande des acteurs de terrain.
Dans le domaine des compétences numériques, le SGNE déploie également la Plateforme Pix, adaptée au contexte de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Plusieurs parcours y portent explicitement sur la sécurisation de l’environnement numérique, en abordant le phishing, les mots de passe robustes et les comportements à risque.
La sensibilisation passe enfin par une présence régulière lors des salons de l’éducation, tels que le Salon EDUC ou le salon du Service d’information sur les études et les professions (SIEP). Lors de ces salons, les juristes du SGNE présentent de manière opérationnelle les obligations des établissements scolaires et les procédures à suivre en cas d’incident.
Je souligne qu’en septembre 2025, une nouvelle ressource intitulée « Je garde le contrôle sur mes données : la cybersécurité dans mon établissement, touche par touche » a été diffusée. Il s’agit d’une campagne de sensibilisation volontairement accessible et ludique, proposant des bonnes pratiques simples, accompagnées de parcours Pix dédiés à la cybersécurité.
Enfin, les fédérations de pouvoirs organisateurs et Wallonie-Bruxelles Enseignement (WBE) disposent de ressources pour soutenir leurs équipes dans ce domaine.
En résumé, si la Fédération Wallonie-Bruxelles ne peut pas se substituer aux établissements et aux pouvoirs organisateurs dans la gestion de leurs infrastructures, elle assume pleinement son rôle de cadre, d’appui, de formation et de prévention, et ce, afin de permettre aux écoles de mieux anticiper les risques et de réagir de manière adéquate lorsqu’un incident survient.
Réplique de N. Janssen. – Madame la Ministre, je vous remercie d’avoir rappelé les risques existants, mais aussi le cadre et les limites de l’action de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Vous avez également souligné les actions déployées par l’administration de la Fédération Wallonie-Bruxelles, à savoir la diffusion de guides, la création de formations, l’organisation d’ateliers et les actions de sensibilisation.