QO 11/05/26 à la Ministre Glatigny : Suivi de la mise en œuvre de l’éducation à la vie relationnelle, affective et sexuelle (EVRAS) | Nicolas Janssen
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QO 11/05/26 à la Ministre Glatigny : Suivi de la mise en œuvre de l’éducation à la vie relationnelle, affective et sexuelle (EVRAS)

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  • Question (Nicolas Janssen). – L’éducation à la vie relationnelle, affective et sexuelle (EVRAS) est obligatoire, depuis le mois de septembre 2023, pour tous les élèves de sixième année primaire et de quatrième année secondaire dans toutes les écoles de l’enseignement ordinaire, à raison d’un minimum de deux périodes par année.

    Une première évaluation de la généralisation du dispositif a été publiée durant le mois de décembre 2025, sur la base d’un sondage auprès de 1 510 écoles et d’une étude de terrain dans 42 écoles et 35 opérateurs. Il en est ressorti que les directions et opérateurs jugent globalement l’EVRAS utile et bénéfique pour les élèves, à la fois pour la compréhension des changements liés à la puberté, le respect mutuel entre les filles et les garçons et la correction d’idées reçues, et que beaucoup souhaitent pérenniser ou étendre les animations à d’autres années.

    Parmi les freins, des directions de l’enseignement fondamental font état de pressions de parents liées à l’organisation des animations EVRAS, comme le refus de participation, des contestations, des demandes de rencontre, l’exigence d’assister à l’animation. Certaines directions modulent volontairement la communication sur les dates d’animation pour limiter l’absentéisme et les tensions, ce qui illustre un frein indirect lié à un contexte de méfiance.

    Un article récent du journal « Le Soir » a mis en évidence l’utilité du dispositif, la qualité du travail réalisé par les opérateurs et l’intérêt manifesté par une majorité d’élèves, quoique certains témoignages ont aussi montré que les animations pouvaient susciter de la gêne, des résistances ou des incompréhensions, tant chez certains jeunes que chez certaines familles.

    L’article a aussi montré que lorsque l’information vers les parents est jugée insuffisante ou trop tardive, lorsque les équipes éducatives se sentent peu outillées, certaines animations restaient perçues comme intrusives, voire inadaptées à l’âge ou à la maturité des élèves. De telles réactions invitent à une vigilance particulière sur la relation de confiance avec les parents et les élèves, en particulier dans l’enseignement fondamental. Les recommandations du rapport ont d’ailleurs mis en évidence la nécessité d’assurer aux écoles une information précise, de la part des opérateurs, sur les contenus abordés et les supports transmis aux élèves.

    Madame la Ministre, comment analysez-vous les constats dressés par l’article de presse et, plus largement, les retours de terrain récents sur la manière dont l’EVRAS s’installe concrètement dans les écoles de l’enseignement fondamental et secondaire ? Quelles actions ont été entreprises ou renforcées, depuis le premier rapport d’évaluation, pour soutenir les directions et les équipes éducatives dans la préparation en amont des animations, comme une information des élèves, un contact avec les parents, une coordination avec les opérateurs, afin de réduire au maximum les situations de gêne, de malaise ou de confusion relevées dans l’article ? En ce qui concerne la relation avec les parents, quels sont aujourd’hui les procédures et outils recommandés ou mis à la disposition des écoles ? Disposez-vous de données récentes sur le nombre et la nature des signalements adressés à l’administration ou au Service général de l’inspection (SGI) depuis la publication du premier rapport d’évaluation, comme des contenus jugés inadaptés, un recours à des opérateurs non labellisés, des problèmes de communication avec les familles ? Quels sont les suivis concrets qui ont été apportés à de tels signalements ? Qu’en est-il du suivi des écoles qui ont été rappelées à l’ordre ou mises en demeure à la suite du recours à des opérateurs non labellisés ? Certains opérateurs ont-ils fait l’objet de sanctions ou d’un retrait de label, et, le cas échéant, sur la base de quels critères ?

    Mme Valérie Glatigny, première vice-présidente et ministre de l’Éducation et de l’Enseignement de promotion sociale. – Comme l’a montré le premier rapport d’évaluation du dispositif d’EVRAS réalisé par le SGI, les retours d’information du terrain sur la mise en œuvre de la généralisation de l’EVRAS dans les écoles sont plutôt encourageants. L’enquête menée par « Le Soir » confirme, quant à elle, l’utilité des animations d’EVRAS à l’école et les échos positifs des élèves, qui semblent bien en comprendre les objectifs et apprécier l’espace de parole et d’écoute qui leur est ouvert.

    Depuis le premier rapport d’évaluation réalisé par le SGI, mon administration a encouragé une communication en amont, entre les opérateurs et les écoles, pour favoriser le bon déroulement des animations dans les établissements. Cette information est notamment rappelée dans la dernière circulaire annuelle 9671 du 27 février 2026 relative à la généralisation de l’EVRAS en milieu scolaire, qui présente une section sur l’organisation interne des établissements scolaires concernant la tenue des activités d’EVRAS. Cette section invite les directions, lors des réunions et rencontres de présentation de l’établissement, à informer les parents des animations d’EVRAS qu’elles organiseront, et à inscrire ces animations dans leur projet d’établissement et leur plan de pilotage, en précisant dans les deux cas qu’elles collaborent avec des opérateurs labellisés. Une foire aux questions (FAQ) complète la circulaire et aborde des questions que les parents pourraient se poser et adresser à l’école, aidant ainsi les directions à développer des réponses.

    Pour rappel, Monsieur le Député, l’EVRAS ne se limite pas aux séances d’animation spécifiques, mais s’opère aussi au travers des référentiels, ce qui permet une continuité entre les contenus des animations spécifiquement dédiées à l’EVRAS et les savoir-faire, savoirs et compétences traités au quotidien au travers des différents cours suivis par les élèves. Cette intégration permet d’aborder différentes questions relatives à l’EVRAS de manière plus régulière et continue.

    Du reste, le rapport démontre que les situations de gêne ou de malaise vécues par certains élèves restent marginales. Ainsi, durant l’année scolaire 2023-2024, seules quatre situations ont été signalées par les opérateurs dans l’enseignement fondamental. Trois relevaient de réticences des parents et une de l’absence d’élèves. Dans l’enseignement secondaire, deux opérateurs ont évoqué la sensibilité religieuse de certains élèves qui estimaient que le contenu des animations était en contradiction avec leurs croyances. En cas de questionnements et de problèmes qui peuvent se présenter aux directions d’école, mon administration a désigné en son sein une facilitatrice EVRAS pour répondre aux interrogations des écoles et les accompagner dans les difficultés rencontrées.

    Les directions ainsi que les parents ou encore les centres PMS peuvent envoyer un mail à l’adresse evras.dgeo@cfwb.be pour établir un premier contact. L’agente en charge répondra aux questions posées ou orientera vers les services compétents si nécessaire. En cas de difficulté ou de rupture de communication, différents services peuvent intervenir. Les centres PMS peuvent être contactés par les parents ou l’école en cas de difficulté. Ils peuvent prendre le temps de rassurer ou répondre aux interrogations. Si les centres PMS sont en charge des animations EVRAS dans l’école concernée, l’équipe peut être présente à la réunion de rentrée afin de répondre aux questions ou inquiétudes des parents. Ils peuvent aussi accompagner les opérateurs labellisés afin de faire le lien avec l’école et les familles.

    Le nouveau Service intégré d’assistance aux écoles qui est logé au sein de mon administration, notamment la médiation scolaire, peut aussi être contacté. La médiation est un processus volontaire qui propose l’intervention d’un tiers neutre qui accompagnera les parties en conflit pour les aider à trouver et construire une issue à la situation qu’elles vivent. Le médiateur scolaire tentera de rétablir le climat de confiance dans les relations entre les élèves, les parents et l’école.

    Il reste que je suis particulièrement attentive au bon déroulement des animations EVRAS au sein de nos écoles. Depuis la parution du premier rapport d’évaluation en décembre dernier, aucun signalement n’a été adressé à mon administration.

    Concernant plus spécifiquement le recours à des opérateurs non labellisés, les écoles concernées, qui sont au nombre de dix-sept, ont été rappelées à l’ordre par le SGI. Finalement, une seule école a fait l’objet d’une mise en demeure. De même, nous n’avons, à ce jour, pas été confrontés à des plaintes demandant le retrait de la labellisation d’un opérateur ou une sanction.

    Enfin, le gouvernement labellise chaque année de nouveaux opérateurs pour une durée de trois ans, outre les opérateurs structurellement labellisés tels que les centres de planning familial, les services de promotion de la santé à l’école (PSE) et les centres PMS. Les opérateurs qui ne sont pas en ordre de formation continuée ou de couverture des thématiques attendues se voient alors retirer leur label et devront par la suite démontrer être en règle avec les critères de labellisation pour éventuellement le retrouver.

    Réplique de N. Janssen. – Madame la Ministre, merci pour l’ensemble de vos réponses et le travail accompli.

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