QO 14/09/2026 à la Ministre Dalcq : le futur hôpital pour la faune sauvage et l’écosystème du réseau wallon des centres de revalidation des espèces animales vivant à l’état sauvage (CREAVES)
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Question (Nicolas Janssen). – Madame la Ministre, le CREAVES de Namur a récemment annoncé l’octroi par le Gouvernement d’un subside exceptionnel de 433 000 euros pour le développement de son projet d’hôpital pour la faune sauvage à Floreffe, destiné à renforcer ses capacités de soins et à jouer un rôle au bénéfice de l’ensemble du réseau wallon.
Vous avez par ailleurs annoncé l’agrément de cinq nouveaux centres CREAVES, renforçant ainsi votre soutien à ceux-ci.
La Fédération des CREAVES, constituée en 2025, rassemble aujourd’hui 15 des 18 centres de Wallonie. Elle vise à renforcer la coordination, la mutualisation des moyens et les collaborations entre les CREAVES.
Le CREAVES de Namur n’en est toutefois pas membre dans un contexte de tensions qui a récemment été largement relayé dans la presse. Par ailleurs, vous indiquiez récemment travailler à une adaptation de l’arrêté du Gouvernement wallon encadrant les CREAVES.
Pourriez-vous confirmer l’octroi du subside de 433 000 euros annoncé par le CREAVES de Namur et préciser le calendrier envisagé pour la réalisation de l’hôpital de la faune sauvage ? Comment envisagez-vous la place de ce futur hôpital pour la faune sauvage dans l’écosystème du réseau wallon des CREAVES ?
Comment ses missions s’articuleront-elles avec celles de la Fédération des CREAVES ? Les agréments octroyés aux nouveaux centres sont-ils accompagnés de financements ?
Enfin, plus largement, la révision de l’arrêté de 2023 permettra-t-elle de clarifier les rôles respectifs des CREAVES, de la fédération et, à l’avenir, d’éventuelles autres infrastructures de référence afin d’assurer un maillage territorial cohérent et d’éviter les doublons dans les investissements ou les services développés ?
Mme Anne-Catherine Dalcq, Ministre de l’Agriculture et de la Ruralité. – Monsieur le Député, la protection de la faune sauvage et plus particulièrement la prise en charge des animaux en détresse lors d’épisodes climatiques extrêmes, tels que les vagues de chaleur et les épisodes de forte chaleur, ont en effet des répercussions importantes sur la faune sauvage.
Certaines espèces, notamment les jeunes oiseaux en période de nidification ou encore les hérissons, sont particulièrement vulnérables lors de ces périodes. Les centres de revalidation des espèces animales vivant à l’état sauvage – les CREAVES – jouent dès lors un rôle essentiel dans la prise en charge des animaux en détresse.
J’ai en effet validé le subside pour l’hôpital pour la faune sauvage de Namur. Le montant de la subvention s’élève à 70 % du montant des frais d’investissement et des frais d’équipement éligibles. Le total s’élève donc à 433 337,06 euros. Le coût total réel du projet s’élève à 880 279,54 euros. La différence est assumée par le centre sur fonds propres et par d’autres apports privés.
L’hôpital pour la faune sauvage de Namur va restreindre son fonctionnement dès le mois d’octobre et n’acceptera plus de nouvelles admissions pendant une période minimale de trois mois afin de pouvoir concentrer pleinement ses efforts sur le déménagement du centre et l’aménagement des nouvelles infrastructures à Floreffe. Le centre continuera à prendre soin des animaux déjà présents. L’objectif des gestionnaires est une ouverture du nouvel hôpital pour la faune sauvage en janvier 2027, pour autant que les travaux soient terminés.
Le futur hôpital pour la faune sauvage a vocation à constituer un outil complémentaire au réseau wallon des CREAVES sans se substituer aux missions aujourd’hui assurées par les autres centres. Son développement s’inscrira dans une logique de renforcement de la prise en charge de la faune sauvage en Wallonie. Cet établissement pourrait notamment assumer des missions nécessitant des infrastructures spécialisées, des équipements de pointe ou une expertise vétérinaire particulière pour le traitement des cas les plus complexes.
Les CREAVES conservent quant à eux leur rôle essentiel de première ligne dans l’accueil, les soins, la réadaptation et la remise en liberté des animaux sauvages en détresse grâce à leur ancrage territorial et à l’expérience acquise de longue date. Ils jouent également un rôle de soutien scientifique, de collecte de données, de développement des connaissances et de diffusion des bonnes pratiques au service de l’ensemble du réseau.
Quant à la Fédération des CREAVES, elle demeure un interlocuteur privilégié pour la coordination du réseau, la représentation des centres, l’accompagnement des opérateurs et la formulation de propositions visant à améliorer le fonctionnement du dispositif. L’hôpital de la faune sauvage et la fédération seront amenés à développer des relations de partenariat complémentaires.
Concernant la révision de l’AGW, il est prématuré de s’avancer sur son contenu. La concertation avec les différents acteurs démarrera prochainement afin qu’il réponde au mieux aux besoins du secteur et aux enjeux de la DPR de renforcer le maillage géographique des centres.
Enfin, en ce qui concerne les CREAVES, notamment les centres nouvellement agréés, ils bénéficient d’une subvention de fonctionnement. L’enveloppe budgétaire totale dédiée au soutien au fonctionnement des CREAVES estimée sera portée à près de 700 000 euros, budget similaire aux autres années, en tenant compte des centres déjà agréés, des nouveaux projets et de la nouvelle configuration du centre de Namur.
Réplique de N. Janssen. – Merci, Madame la Ministre, pour chacune de ces précisions. Le renforcement des CREAVES et le développement d’un hôpital de la faune sauvage constituent de bonnes nouvelles pour la prise en charge de la faune sauvage en Wallonie.
L’enjeu sera de veiller à ce que ces différents outils s’inscrivent dans une vision cohérente et complémentaire à l’échelle du territoire, en favorisant la coopération, la mutualisation des compétences et en évitant autant que possible les doublons. C’est important pour l’efficacité du réseau, mais aussi pour garantir le meilleur usage des moyens publics qui lui sont consacrés.
Je resterai par ailleurs attentif à la révision de l’arrêté et à la manière dont elle permettra de consolider durablement cet écosystème.