QO 15/09/2026 à la Ministre Neven : l’objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre à l’horizon 2030 | Nicolas Janssen
NICOLAS
JANSSEN
  • À la une
  • Mes priorités
  • Nicolas
    Janssen
  • Qui suis-je
  • Forum de l’écologie
  • Contact
  • À la une
  • Mes priorités
  • Nicolas
    Janssen
  • Qui suis-je
  • Forum de l’écologie
  • Contact

Retour

QO 15/09/2026 à la Ministre Neven : l’objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre à l’horizon 2030

Partager

  • C'est copié!
  • Question (Nicolas Janssen). – Madame la Ministre, la semaine passée, l’Agence internationale de l’énergie a annoncé que les émissions de gaz à effet de serre étaient en hausse dans notre pays en 2025, et ce, pour la deuxième année consécutive : +1,3 %. Une hausse de +1,3 % alors que la Chine, par exemple, a stabilisé ses émissions, voire les a légèrement diminuées en 2025 ; une hausse de +1,3 % alors que l’Inde a diminué ses émissions de 0,2 %, en 2025, et a par ailleurs obtenu une croissance de 7,6 %. Dès lors, l’enjeu est double : d’une part, accélérer la réduction de nos émissions de gaz à effet de serre avec notamment la poursuite de l’objectif de 55 % pour 2030 par rapport à 1990 ; d’autre part, obtenir l’adhésion des citoyens pour la transition climatique de manière générale. Vous le rappelez régulièrement : sans cette transition et cette adhésion, comment avancer ? On veut tous éviter les gilets jaunes, et bien plus encore. Madame la Ministre, à moins de quatre ans de l’échéance de 2030, où en est aujourd’hui la Wallonie par rapport à sa trajectoire ? Les projections actuelles permettront-elles d’atteindre nos objectifs de -55 % et de -47 % dans les secteurs non ETS ? Comment le Gouvernement entend-il concilier à la fois l’urgence climatique et la nécessité de préserver cette adhésion des citoyens ?Comment surtout garantir cette adhésion ? C’est la question centrale. À quelle fréquence la trajectoire de réduction des émissions est-elle évaluée ?

    Mme Cécile Neven, Ministre de l’Énergie, du Plan Air-Climat, du Logement et des Aéroports. – Mesdames et Monsieur les Députés, les questions qui me sont adressées portent à la fois sur l’évolution récente des émissions de gaz à effet de serre, sur la crédibilité de la trajectoire climatique wallonne et sur le déploiement de notre politique d’adaptation au changement climatique. Elles recouvrent donc deux dimensions indissociables que sont l’atténuation et l’adaptation. La première consiste à réduire les émissions afin de limiter l’ampleur future du réchauffement. La seconde vise à préparer notre territoire aux conséquences d’un changement climatique déjà à l’œuvre et dont nous observons aujourd’hui les effets concrets à travers les vagues de chaleur, les sécheresses, les incendies et les inondations. Cette complémentarité constitue d’ailleurs l’un des principes fondateurs de la stratégie d’adaptation adoptée par le Gouvernement le 27 août dernier.

    Avant d’entrer dans les chiffres, je voudrais dire un mot à propos de la surmortalité. Les décès supplémentaires de cet été sont d’abord une réalité qui a frappé en premier lieu des personnes déjà fragilisées. Cette surmortalité est donc multifactorielle et pousse à traiter les questions d’adaptation de manière systémique et non plus uniquement comme une politique de long terme. Je vous invite d’ailleurs à solliciter également mon collègue Yves Coppieters à ce sujet. Quant à l’évolution des émissions et la trajectoire climatique wallonne, selon le rapport officiel transmis à la Commission européenne à la fin du mois de juillet 2026, à l’échelle nationale, les émissions nettes de la Belgique pour l’année 2025 devraient augmenter de 0,53 % par rapport à 2024. Bien entendu, il s’agit de données provisoires essentiellement basées sur les émissions ETS des entreprises et les ventes de carburants dans le transport routier. S’il est vrai que, dans un premier temps – c’est-à-dire en juillet 2025 –, les émissions de 2024 ont été estimées en hausse de 0,82 % par rapport à 2023, l’inventaire officiel, transmis le 15 mars 2026, montre une très légère diminution des émissions nettes de 0,03 %. L’expérience de l’an dernier invite donc à la prudence avant de tirer des conclusions politiques d’une estimation provisoire. Outre l’actualisation des chiffres énergétiques, des changements méthodologiques peuvent également expliquer ces différences. Le rapport transmis à la Commission à la fin du mois de juillet précise, pour la Belgique : « Selon les estimations préliminaires, les émissions de CO2 issues du transport routier augmenteront de 1 % en 2025 par rapport à 2024. Les émissions nettes augmenteront de 0,5 %. Ce résultat découle de deux tendances opposées hors secteur des transports : la hausse des émissions des « industries de l’énergie » – +6,1 % – et la baisse de celles des « industries manufacturières et de la construction » – -4,9 % –, tandis que les émissions liées au chauffage se stabilisent ». Au niveau européen, les travaux préparatoires de la Commission tablent sur une diminution de l’ordre de 1,6 % des émissions nettes.

    Pour la Wallonie, l’évaluation la plus récente a été réalisée pour l’année 2025 et construite à partir des émissions ETS vérifiées, des données climatiques – degrés-jours – et de l’inventaire régional des émissions de 2024. Ces données étant à ce jour incomplètes et indirectes, l’analyse doit donc être prise avec prudence, mais elle se base sur les chiffres les plus récents en la matière. Avant d’en venir aux chiffres régionaux et à la fréquence de révision de ces chiffres, je précise que, pour les secteurs relevant de l’ESR, une analyse est réalisée par l’AWAC deux à quatre fois par an sur la base des différentes versions des inventaires des gaz à effet de serre. En Wallonie, les émissions vérifiées des installations couvertes par l’ETS ont diminué de 8 % entre 2023 et 2024. Pour les secteurs non couverts par l’ETS – donc relevant de l’ESR –, les émissions stagnent entre 2023 et 2024. Par rapport à 2021, elles ont diminué de 6 %. Enfin, le secteur lié aux changements d’affectation des sols et à la foresterie – ce que l’on appelle l’UTCAF, ou LULUCF en anglais – constitue, hors produits bois récoltés disponibles uniquement au niveau belge, un puits net de carbone sur l’ensemble de la période 1990-2024. Néanmoins, sa capacité d’absorption s’est réduite de 31 % au cours de cette période. Une analyse des émissions wallonnes sur la période 1990-2024 est disponible sur le site de l’AWAC. Il suffit de regarder la rubrique « émissions de gaz à effet de serre ». Elle présente une ventilation par grands secteurs d’activité. Par rapport à la trajectoire, le PACE 2030 vise le respect de l’objectif européen de réduction des émissions ESR de 47 % en 2030 par rapport à 2005. Sur la base de la référence la plus récente, les émissions ESR, non ETS, ont diminué de 27 % depuis 2005, contre 30 % selon la référence utilisée dans le PACE. Au total, la Wallonie a réduit ses émissions de gaz à effet de serre de 47,8 % en 2024 par rapport à 1990.

    Elles sont de 28,5 millions de tonnes, soit 29 % des émissions annuelles de la Belgique. Que conclure de ces chiffres ? Vous voyez que ce n’est pas si simple. La Wallonie a déjà mené de nombreuses actions favorables à la réduction de gaz à effet de serre, tant dans le secteur ETS que dans le secteur ESR. Sur la période qui nous sépare de 1990, elle fait mieux que la trajectoire belge, qui est à -32 %, et elle fait aussi mieux que la trajectoire européenne, qui est à -37 %. Les émissions observées jusqu’en 2024 restent inférieures au niveau théorique, compatible avec l’objectif 2030, même si la stagnation de certaines émissions ESR depuis plusieurs années constitue un signal significatif. Ces éléments nous conduisent à dire qu’il n’y a pas lieu de remettre fondamentalement en cause la crédibilité de la trajectoire climatique wallonne. Ils confirment toutefois la nécessité de poursuivre et de concrétiser la mise en œuvre des mesures prévues dans le PACE afin de maintenir cette dynamique.

    À cet égard, le Gouvernement a précisément entrepris un important travail d’opérationnalisation du PACE. Je rappelle que lors de mon entrée en fonction, seules 13 mesures étaient considérées comme effectivement mises en œuvre. Aujourd’hui, 54 mesures sont réalisées et plus de 150 sont en cours de mise en œuvre, grâce à la priorisation qui a été opérée via les feuilles de route annuelles. Je vais maintenant aborder l’adhésion des citoyens et la mise en œuvre des mesures climatiques. J’ai déjà eu l’occasion de le souligner à plusieurs reprises : la transition climatique ne réussira que si elle demeure socialement soutenable. C’est tout le sens des différentes réformes engagées par ce Gouvernement. L’objectif est de réduire la dépendance aux combustibles fossiles, tout en protégeant les citoyens et les entreprises face à l’évolution des coûts énergétiques.

    Monsieur Janssen, vous me demandez si certaines mesures pourraient, par leur impact, compromettre cette adhésion. Je vais vous répondre franchement : toute mesure pensée de manière théorique, dans un bureau ou ailleurs, sans prise en compte de sa faisabilité ou de l’existence réelle d’alternatives accessibles, posera inéluctablement des problèmes d’adhésion pour les citoyens ou pour les entreprises. Nous en avons eu de nombreux exemples. Nous veillons donc à ce que les mesures climatiques produisent des résultats mesurables, qu’elles soient accompagnées d’indicateurs de suivi et qu’elles reposent sur des mécanismes de gouvernance renforcés. C’est précisément la logique qui est poursuivie par les feuilles de route annuelles du PACE. J’en viens à la Stratégie wallonne d’adaptation et aux enseignements de l’été 2026. Les épisodes de chaleur observés cet été rappellent avec force que l’adaptation appelle des réponses rapides. Comme vous le savez, le Gouvernement a adopté en août 2026 la première Stratégie wallonne d’adaptation au changement climatique.

    Je remercie d’ailleurs Mme Cremasco d’en avoir salué la démarche. Cette stratégie repose sur un socle scientifique inédit, constitué notamment de l’étude de vulnérabilité, qui a mobilisé 40 chercheurs. Comme je l’ai dit tout à l’heure, la stratégie fixe une vision à l’horizon 2060 et neuf objectifs stratégiques à l’horizon 2040 couvrant la santé, l’eau, les sols, les forêts, la biodiversité, l’aménagement du territoire, les infrastructures, les villes, l’économie et la protection des populations vulnérables. Contrairement à une simple déclaration d’intention, cette stratégie sera opérationnalisée par un plan d’action 2026-2030 comprenant une vingtaine de mesures prioritaires. Le Gouvernement s’est engagé, et je le confirme, Madame la Députée, à valider ce plan avant la fin de l’année 2026. Vous me demandez pourquoi cette adoption s’est faite sans impact budgétaire direct et avec un avis de l’Inspection des finances porté sans objet. La réponse est simple : ce qui a été adopté le 27 août, c’est un cadre stratégique, une vision et neuf objectifs stratégiques et non un dispositif de dépenses. L’impact budgétaire naîtra quant à lui des actions issues de ce plan. Je signale par ailleurs que des mesures ont déjà été décidées ou sont en préparation à divers niveaux de pouvoir à la suite de la canicule qui a frappé notre pays cet été.

    Abordons l’articulation avec le PACE et les mesures annoncées. Les mesures d’adaptation ne constituent pas un dispositif complètement détaché du PACE. L’adaptation doit d’ailleurs faire l’objet d’une partie spécifique du PACE. Celui qui a été validé en 2023 ne faisait référence qu’à la nécessité d’élaborer une stratégie d’adaptation, ce que nous avons fait, mais le PACE 2040 sera beaucoup plus complet puisqu’il va contenir les mesures du plan d’action qui constitueront la partie relative à l’adaptation. Madame Lambelin, certaines mesures de ce plan d’action auront une articulation avec des mesures déjà engagées dans le cadre du PACE actuel. D’autres viendront compléter les dispositifs existants pour répondre à des vulnérabilités nouvellement identifiées par l’étude scientifique. Nous visons donc bien à la cohérence des deux dynamiques pour en améliorer l’impact global. L’atténuation et l’adaptation sont deux démarches qu’on mène en parallèle et qui doivent s’articuler correctement. Parmi les priorités déjà identifiées et directement liées aux vagues de chaleur et aux enjeux sanitaires, figurent notamment :

    – le renforcement de la résilience urbaine ;

    – le développement de solutions fondées sur la nature ;

    – la réduction des îlots de chaleur ;

    – l’amélioration de la protection des populations vulnérables ;

    – l’adaptation des infrastructures essentielles.

    La stratégie et le plan d’action sont portés par tous les membres du Gouvernement. En ce qui concerne l’état d’avancement de la mise en œuvre du PACE, il est disponible sur le site de l’AWAC depuis l’adoption de la feuille de route de 2026, le 16 juillet dernier. Sur les moyens budgétaires, les communes et les responsabilités ministérielles à présent, la stratégie adoptée le 27 août constitue le cadre stratégique. Les détails de mise en œuvre seront précisés dans le plan. Comme pour le PACE, la mobilisation des moyens se fait par chaque ministre de tutelle, des mesures qui seront explicitées dans le PACE et dans le plan d’adaptation et dans le cadre de ses propres enveloppes budgétaires. Ce sera bien le rôle de chaque ministre de tutelle de calibrer les mesures dans le cadre de ses enveloppes. Les communes seront en effet des partenaires essentiels de cette mise en œuvre. Le Gouvernement entend poursuivre l’accompagnement des pouvoirs locaux et intégrer pleinement l’échelon communal dans la politique d’adaptation, notamment au travers d’outils qui sont, et seront, développés avec l’AWAC et dans le prolongement des démarches qui sont déjà soutenues. En ce qui concerne POLLEC, j’ai déjà répondu à plusieurs reprises sur ce dossier. Je vous inviterai à consulter les réponses qui ont été fournies plus globalement sur ces questions. Madame Cremasco, pour connaître les pouvoirs locaux à interpeller, je vous inviterai à interpeller directement le ministre des Pouvoirs locaux si vous souhaitez plus de précisions. En ce qui concerne, enfin, le DNF, je me permettrai de vous renvoyer également vers ma collègue Anne-Catherine Dalcq.

    Réplique de N. Janssen. – Madame la Ministre, merci beaucoup d’avoir rappelé notre stratégie wallonne, qui repose donc aussi bien sur l’atténuation que l’adaptation, détaillé les contributions des industries de l’énergie pour le niveau belge notamment, ainsi qu’avoir détaillé aussi les calculs et les estimations de l’AWAC. Je me réjouis, pour reprendre en particulier cet élément-là, que la Wallonie fasse mieux que la trajectoire belge, mieux que la trajectoire européenne et que ces chiffres ne remettent pas en cause la crédibilité de notre Stratégie climatique wallonne.

Député wallon et à la Fédération Wallonie-Bruxelles
  • À la une
  • Qui suis-je
  • Éducation et enseignement
  • Environnement, énergie et climat
  • Économie, entrepreneuriat et innovation
  • Démocratie participative et intelligence collective
  • La HULPE / BW, tous mobilisés !
  • Contact
  • Forum de l’écologie

Rejoignez notre communauté!

  • Facebook
  • X
  • LinkedIn
  • Instagram
  • Email

— Abonnez-vous à la newsletter!

© 2026 Vie Privée
Gérer le consentement
Pour offrir les meilleures expériences, nous utilisons des technologies telles que les cookies pour stocker et/ou accéder aux informations des appareils. Le fait de consentir à ces technologies nous permettra de traiter des données telles que le comportement de navigation ou les ID uniques sur ce site. Le fait de ne pas consentir ou de retirer son consentement peut avoir un effet négatif sur certaines caractéristiques et fonctions.
Fonctionnel Always active
Le stockage ou l’accès technique est strictement nécessaire dans la finalité d’intérêt légitime de permettre l’utilisation d’un service spécifique explicitement demandé par l’abonné ou l’utilisateur, ou dans le seul but d’effectuer la transmission d’une communication sur un réseau de communications électroniques.
Préférences
Le stockage ou l’accès technique est nécessaire dans la finalité d’intérêt légitime de stocker des préférences qui ne sont pas demandées par l’abonné ou l’utilisateur.
Statistiques
Le stockage ou l’accès technique qui est utilisé exclusivement à des fins statistiques. Le stockage ou l’accès technique qui est utilisé exclusivement dans des finalités statistiques anonymes. En l’absence d’une assignation à comparaître, d’une conformité volontaire de la part de votre fournisseur d’accès à internet ou d’enregistrements supplémentaires provenant d’une tierce partie, les informations stockées ou extraites à cette seule fin ne peuvent généralement pas être utilisées pour vous identifier.
Marketing
Le stockage ou l’accès technique est nécessaire pour créer des profils d’utilisateurs afin d’envoyer des publicités, ou pour suivre l’utilisateur sur un site web ou sur plusieurs sites web ayant des finalités marketing similaires.
Manage options Manage services Manage {vendor_count} vendors Read more about these purposes
Voir les préférences
{title} {title} {title}