QO 19/01/26 à la Ministre Dalcq : la présence de l’hélicelle des Balkans dans le Brabant wallon
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Question (Nicolas Janssen). – Madame la Ministre, la lutte contre les espèces exotiques envahissantes constitue l’une des priorités que vous avez clairement affirmées pour cette législature, et encore récemment lors de nos dernières discussions budgétaires. Or, un article scientifique publié récemment dans la presse signale, pour la première fois dans notre pays, la présence de cet escargot – Xeropicta derbentina, également appelé hélicelle des Balkans – dans le sud de la Région bruxelloise, ainsi que dans la province de Liège. Les chercheurs soulignent que cette espèce xérophile, originaire d’Europe du Sud-Est, peut proliférer dans les milieux urbains réchauffés et, à terme, représenter une menace pour les espèces locales et certains vergers ou vignobles si elle parvient à s’implanter durablement.
Votre administration, Madame la Ministre, a-t-elle confirmé la présence de Xeropicta derbentina sur notre territoire ? Si oui, le Brabant wallon, où l’on observe un développement croissant de vignobles, est-il concerné ? Disposez-vous d’une première cartographie de l’ensemble des signalements recensés ? Quelles mesures de prévention et de détection précoce sont envisagées afin d’éviter une implantation durable de cette nouvelle espèce potentiellement invasive ? Comment votre action s’articule-t-elle avec celle des autres Régions, du monde scientifique et des plateformes citoyennes de signalement pour assurer une réponse coordonnée et efficace ?
Mme Anne-Catherine Dalcq, Ministre de l’Agriculture et de la Ruralité. –Monsieur le Député, la découverte de l’hélicelle des Balkans – Xeropicta derbentina – dans le Benelux a effectivement fait l’objet d’une publication scientifique début janvier 2026.
Les deux signalements de l’espèce à ce jour connus de mon administration ont été encodés dans la base de données observations.be. La première observation a été faite à Ixelles le 5 octobre 2025 sur des légumes dans un magasin, et la seconde à Liège le 21 octobre 2025 sur une feuille de plante grasse dans une habitation privée. Il s’agit dans les deux cas d’introductions accidentelles par transport passif au départ de régions dans lesquelles l’espèce est bien implantée.
Cet escargot n’est pas reconnu comme espèce invasive et n’est pas prioritaire pour l’Union européenne. Cette espèce originaire des zones chaudes de l’Europe est notamment établie en Grèce, en Roumanie et dans le sud de la France. Dans son biotope d’origine, l’hélicelle peut proliférer. Une forte population établie peut nuire aux escargots natifs et causer quelques dégâts – limités toutefois – dans les vergers et dans les vignobles.
Étant donné la large gamme de vecteurs de transport possibles pour l’espèce, en ce compris inertes comme les véhicules et marchandises, la détection précoce au travers de systèmes faisant appel aux sciences citoyennes est l’approche privilégiée pour une surveillance efficace. Mon administration a développé un système d’encodage en ligne des observations biologiques et collabore avec les partenaires publics et privés disposant également de tels systèmes afin d’assurer une mise en commun quotidienne des observations.
Réplique de N. Janssen. – Merci, Madame la Ministre, pour ces propos relativement rassurants et pour ces précisions quant aux découvertes dans le Benelux de cette hélicelle des Balkans.
Merci aussi d’avoir rappelé la manière dont travaille votre administration, notamment via des collaborations avec l’ensemble des partenaires publics et privés.