QO 27/09/2026 à la Ministre Dalcq : le projet « Ma parcelle en réserve naturelle »
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Question (Nicolas Janssen). – Madame la Ministre, le projet « Ma parcelle en réserve naturelle » vise à mobiliser, sur une base volontaire, des propriétaires ruraux souhaitant consacrer certaines de leurs parcelles présentant un intérêt écologique à la protection et à la restauration de la biodiversité. L’enjeu, outre la reconnaissance de nouvelles réserves, est de préserver et de restaurer concrètement les écosystèmes. Je sais que vous partagez cette approche : au-delà des statuts, c’est bien l’efficacité sur le terrain et les résultats obtenus pour la biodiversité qui doivent guider notre action.
Dans cette perspective, les propriétaires ruraux ont un rôle essentiel à jouer. Beaucoup sont profondément attachés à leurs terres, qu’ils connaissent et entretiennent parfois depuis plusieurs générations et souhaitent pouvoir les préserver durablement. Leur mobilisation peut constituer un véritable effet de levier, en élargissant les surfaces concernées sans recourir systématiquement à l’acquisition foncière par les pouvoirs publics. Il importe donc de leur proposer un cadre souple, lisible et sécurisant, tout en garantissant des objectifs écologiques clairs.
Madame la Ministre, vous avez indiqué précédemment avoir rencontré plusieurs acteurs du projet et annoncé la poursuite des travaux. Le projet « Ma parcelle en réserve naturelle » se poursuit-il aujourd’hui ? Quelles sont les suites concrètes de ces échanges ? Des orientations ont-elles été arrêtées pour son déploiement ? Où en sont les réflexions sur le cadre juridique permettant de reconnaître l’engagement volontaire des propriétaires tout en assurant une protection effective des parcelles concernées ?
Comment entendez-vous renforcer la mobilisation des acteurs ruraux afin d’en faire un véritable effet de levier de la politique wallonne de protection et de restauration de la nature ?
Mme Anne-Catherine Dalcq, Ministre de l’Agriculture et de la Ruralité. – Monsieur le Député, les travaux préparatoires relatifs au projet « Ma parcelle en réserve naturelle » ont permis de préciser ses objectifs et les conditions de sa mise en œuvre. Sa poursuite est aujourd’hui envisagée dans le cadre de la candidature LIFE « NaturaLink », portée par la Société royale forestière de Belgique au titre de l’appel à projets LIFE 2026. J’ai apporté mon soutien à cette candidature, tout comme le Gouvernement. La mise en œuvre du projet dépendra toutefois de sa sélection par la Commission européenne. Il serait prématuré, à ce stade, d’en présenter le déploiement comme acquis.
La candidature vise à mobiliser volontairement des parcelles privées présentant un intérêt écologique afin de contribuer aux objectifs wallons en termes de protection et de restauration de la nature. En effet, deux pistes doivent encore être approfondies.
La première concerne la mise sous statut de parcelles privées sous statut de réserve naturelle au moyen d’une structure susceptible d’en assurer la gestion. La possibilité d’agréer Pact’Nature comme gestionnaire serait examinée dans ce cadre.
La seconde porte sur un statut de protection complémentaire destiné aux superficies forestières. Celui-ci pourrait être plus souple que le statut de réserve naturelle, tout en prévoyant des obligations claires en matière de restauration des milieux forestiers. Aucune décision n’est arrêtée à ce stade sur le cadre juridique à retenir.
Des propriétaires privés et leurs organisations représentatives sont par ailleurs associés aux réflexions relatives à la mise en œuvre du règlement européen sur la restauration de la nature. Cette concertation va se poursuivre dans les semaines à venir afin d’identifier des mesures pragmatiques, équilibrées et juridiquement sécurisées.
La candidature « NaturaLink » constitue une possibilité concrète de poursuivre et d’amplifier des démarches en cours. La suite dépendra de la décision européenne et, le cas échéant, des travaux juridiques et opérationnels qui devront encore être menés.
Réplique de N. Janssen. – Madame la Ministre, croisons les doigts pour la sélection par le LIFE européen. Il sera nécessaire de faire en sorte, le cas échéant, que le dispositif soit suffisamment simple, lisible et accessible aux propriétaires ruraux qui souhaitent s’engager. C’est une des conditions qui pourra donner à ce projet un véritable effet de levier pour la protection et la restauration de la nature en Wallonie.